Histoire épique, de la rencontre entre les peuples indigènes et les britanniques. "Terre de tous les rêves et de toutes les libertés, patrie de la démocratie et du melting pot… l’idéal américain, haï ou adoré, recèle d’innombrables idées reçues."

Marie Joseph Paul Yves Roch Gilbert du Motier
marquis de Lafayette
1757-1834
et l'Alliance Franco-Américaine

Depuis sa défaite en 1763, la France cherchait une occasion de prendre sa revanche

sur l'Angleterre. L'opinion française était plutôt favorable à la cause américaine.

Marie Joseph Paul Yves Roch Gilbert du Motier, marquis de Lafayette est né le 6 septembre 1757 au château de Chavaniac en Auvergne. Il est issu d'une famille noble et choisit de suivre, comme son père, une carrière militaire. Le 20 avril 1777, Marquis de Lafayetteâgé d'à peine 20 ans, embarque en semi-clandestiné, dans le port espagnol de Pasajes, sur "La Victoria" pour soutenir la Guerre d'Indépendance des Etats-Unis contre "l'ennemi commun" : l'Angleterre, et venir en aide aux insurgés. Gagné à la cause de la jeune nation américaine par son ami Benjamin Franklin, Lafayette s'était pris d'une affection quasi filiale pour le général Washington dont il devient membre de son état-major. La confiance absolue des deux hommes l'un envers l'autre, sera déterminante dans le choix de Lafayette pour cette mission capitale sur les plans militaire, diplomatique et commercial.

"C'est à l'heure du danger que je souhaite partager votre fortune", lancera-t-il alors aux insurgés.
Nommé major général de l'Armée Américaine par résolution spéciale du Congrès, Lafayette participe à la guerre d'Indépendance, est blessé à Brandywine en septembre 1777 et combat à la tête des troupes de Virginie avant d'aller combattre en 1778 dans le New-Jersey et en Pennsylvanie et avant de rentrer à Brest à bord de "L'Alliance."

Puis George Washington le missionne pour convaincre le roi de France, d'envoyer un corps expéditionnaire. Depuis son retour en France le 6 février 1779 il n'a pas cessé d'intervenir auprès du Cabinet du Roi pour que soit apporté toutes les aides possibles aux troupes de l'Union bien démunies face aux bataillons Anglais.

Le 10 mars 1780, HermioneLa Fayette, ce jeune homme de 23 ans, en "mission particulière", embarque pour son deuxième voyage aux États-Unis, à bord de la frégate "L'Hermione", frégate de la Royale de "26 de 12", afin d'annoncer à George Washington l'arrivée de renforts français. Avec la "Frégate des Lumières", Gilbert Motier, marquis de Lafayette, apportait aux insurgés du nouveau continent un vent de liberté... commandée par Louis de La Touche, lieutenant de vaisseau, mouillée à l'abri au Port-des-Barques, avec un stock de six mois de vivres, l'artillerie principale a été complétée, 313 hommes d'équipage, il est prévu en outre le chargement d'un ballot de 4.000 habits d'uniformes destiné aux États-Unis. "Dans la nuit du 14 au 15 mars L'Hermione met cap sur l'Amérique Le matin du 15, à 40 lieues dans l'ouest, la grande vergue a cassé brutalement Le commandant de bord décide donc de relâcher à l'Ile d'Aix Une chaloupe est dépéchée sur Rochefort pour ramener une vergue qui sera au plus vite mise en place et garnie de sa toile et ce n'est que le 20 mars à 8 heures du soir que l'on met à la voile par légère brise de Sud-Est"

"Le 27 avril la côte américaine se dévoile. L'Hermione se met à l'abri de la tempête dans le petit port de Marbleheat à 16 miles de BostonLa Fayette expédie sans tarder une lettre au Général Washington. : "Je suis ici, mon cher Général, et au milieu de la joie que j'éprouve à me retrouver un de vos fidèles soldats, je ne prends que le temps de vous dire que je suis venu de France à bord d'une frégate que le Roy m'a donné pour mon voyage... J'ai des affaires de la dernière importance que je dois communiquer à vous seul... Adieu, vous reconnaîtrez aisément la main de votre jeune soldat..."

L'Hermione entre en rade de Boston le 28 avril 1780 après 38 jours de traversée. Elle salue de 13 coups de canon les couleurs américaines portées par le fort de l'Ile du Château qui lui rend la politesse par autant de décharges d'artillerie. Sur les quais, la foule manifeste bruyamment par des cris d'allégresse et des tirs de mousquetterie. Lafayette débarque à 13 heures suscitant une liesse encore plus vive. L'équipage le salue de trois "Vive le Roy" enthousiastes. L'Hermione l'honore de trois coups de canon. Il quittera définitivement le bord le 2 mai 1780 pour se rendre à Morristown dans le Jersey afin de rejoindre le Général George Washington.
Le 4 mai 1780, La Touche reçoit à bord de l'Hermione les personnalités les plus distinguées de la ville et les membres du Conseil de l'Etat du Massachusetts : Mrs Hancook, Adams, Cooper, Beaudwine et le Général Heath. Le soir, au cours du repas, 12 "santés" sont portées, ponctuées par des décharges d'artillerie dont le nombre est codifié par un protocole rigoureux : le Roy de France, les Treize Etats de l'Union, la Reine de France, le Congrès Américain, le Roy d'Espagne, sont salués successivement de 21 coups de canon. Le Général Washington est honoré de 17 coups. L'Armée Américaine, l'Alliance, le succès de la campagne, la mémoire des tués au combat, la Marine Américaine en recevront 13. Enfin Lafayette est également gratifié de 13 décharges, nombre qui a été laissé à l'appréciation de La Touche.
Le lendemain 5 mai, ce sont les dames de la Ville à qui l'on fait les honneurs de la frégate
Lafayette est porteur d'un message du roi Louis XVI à George Washington:
"le roy voulant donner aux Etats-Unis un nouveau témoignage de son affection et de son intérêt pour leur sûreté, s'est résolu à faire partir au commencement du printemps, un secours de six vaisseaux de ligne et d'environ cinq milles hommes de troupes réglées d'infanterie,"

L'opération militaire qui aboutira à l'Indépendance Américaine se prépare .
Le débarquement des régiments de France a lieu à Newport le 11 juillet 1780. Le 16 mars 1781, l'Hermione participe à la bataille de la Chesapeake. Le 4 mai 1781, le Congrès américain est accueilli à son bord pour une réception au cours de laquelle la victoire de la Chesapeake est annoncée officiellement : victoire de la flotte qui précède celle de l'armée de terre à Yorktown le 19 octobre 1781, contre les anglais, à laquelle participe activement Lafayette, qui mettra fin à la guerre et qui sera déterminante pour l'accession à l'Indépendance des Etats-Unis.

A l'issue du combat il déclara: "Humanity has won its battle. Liberty now has a country."

Le 17 juin 1782, La Fayette rentre en France en héros avec un peu de la terre américaine de Bunker Hill, avec laquelle sa tombe fut recouverte à sa mort le 20 mai 1834. De retour en France La Fayette fût promu maréchal de camp, après une épopée de un an, onze mois et quinze jours..

D'autres officiers se joignent au mouvement comme le commandant Pierre L'Enfant, le général Louis Duportail, mais aussi le Prussien von Steuben, le Polonais Kosciusko ou l'Allemand de Kalb.

L'écrivain et espion Beaumarchais organise des envois d'armes à destination des insurgés avec l'approbation du ministre des Affaires étrangères, Vergennes, désireux de favoriser tout ce qui pourrait affaiblir l'ennemie héréditaire de la France, l'Angleterre.

La reconstruction de l'Hermione

L'Hermione a sombré en 1793, au large du Croisic, à la suite d'une erreur de navigation de son capitaine. Deux siècles plus tard, le 4 juillet 1997 - date anniversaire de l'indépendance américaine, - a débuté, à Rochefort, la reconstruction de l'Hermione qui permit à Lafayette, en 1780, de rejoindre les insurgés américains en lutte pour leur indépendance. Après dix ans de travail la coque est enfin achevée. En 2011, la copie à l'identique (un trois mâts de 65 mètres de long et de 40 mètres de haut), devrait être mise à l'eau par l'association Hermione - Lafayette qui projette de lui faire traverser l'Atlantique en 2012.

Sources
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