4.2 A l'Ouest du Mississippi : guerres et déportations
Le traité de Paris de 1783, qui mit fin à la guerre d'Indépendance américaine, ne mentionnait pas les Indiens. Les tribus indiennes des nouveaux territoires à l'ouest des Appalaches se soulevèrent lorsque les États-Unis tentèrent de les traiter comme des ennemis vaincus.
• Le 13 juillet 1787, les États-Unis réaffirmèrent dans la "Northwest Ordinance" (Ordonnance du Nord-Ouest) leurs bonnes relations avec les peuples indiens.
Cependant dans les esprits les objectifs étaient clairs, il fallait:
- Garder les routes ouvertes
- Protéger les lieux de colonisation
Le Général James Henry Carleton disait à ses subordonnés: "Il n'y aura aucune négociation avec les Indiens. Tous les hommes seront tués. Les femmes et les enfants seront faits prisonniers" ("whenever and wherever you can find them".
• Le 2 février 1848 est signé le Traité de Guadalupe Hidalgo qui met fin au conflit entre le Mexique et les États-Unis. Les États-Unis acquièrent le Sud-Ouest du continent (Arizona, Nevada, Californie, Utah, une partie du Colorado, du Wyoming et du Nouveau-Mexique. L'acquisition de ces territoires déclencha de nouveau un cycle de guerres contre les Indiens.
• A partir de 1848, les colons qui suivent, à travers le Nord-Ouest américain, la piste de l'Oregon vers la Californie, sont attaqués par les Indiens de la Prairie Sioux, Cheyennes du Nord, Arapahos...
• La ruée vers l'or de 1849 fut un désastre pour les Indiens du FarWest. Les Bannocks et les Shoshones de l'Oregon et de l'Idaho, les Utes du Nevada et de l'Utah, et les Apaches et Navajos du Sud-Ouest entreprirent une résistance organisée contre les spoliations mais finirent par être vaincus et parqués dans des réserves.
• En 1849 le comptoir de Fort Laramie est fermé et transformé en Fort militaire.
4.2.0 Premier Traité de Fort Laramie en 1851
Le 17 septembre 1851, le représentant du Président des Etats-Unis et les représentants des nations Indiennes des Plaines du Nord (Sioux ou Dakotahs, Cheyennes, Arrapahoes, Crows, Assinaboines, Mandans, Gros Ventres, et Arickarees,), signent le premier traité de Fort Laramie dans lequel il a été conclu:
Afin d'assurer la sécurité des convois des pionniers sur la piste de l'Oregon les Américains s'engagent à payer un droit de passage en marchandises et en argent. Les Sioux cessent donc de prélever l'impôt en nature sur les convois. Ce traité délimitait des frontières aux tribus à mesure que la frontière des blancs progressait vers l'Ouest. C'est le premier Traité de Fort Laramie avec les tribus des plaines et des montagnes. A cette occasion, les Crows et les Lakotas concluent une trêve qui durera plusieurs années.
"La vache du Mormon"
Le 18 août 1854, un camp de Sicangu (Brûlé) est installé près du Fort Laramie. Un jour, une vache appartenant à un Mormon s'échappe du troupeau et s'élance dans le camp indien, semant la confusion. Un Indien Sicangu l'abat. Le Mormon, s'empresse d'aller se plaindre au commandant du Fort. Celui-ci, qui voit là l'occasion de mettre un peu d'animation dans la vie de la garnison, charge un jeune lieutenant de "ramener les sauvages à la raison"
Le lieutenant, refusant les propositions d'indemnisation, exige que le "meurtrier" de la vache lui soit livré. Le chef "Conquering Bear" refuse. Perdant rapidement patience, le lieutenant fait tirer au canon sur le village, tuant et blessant plusieurs guerriers, dont "Conquering Bear". Les soldats sont alors balayés par la charge vengeresse des guerriers Sicangu (Brûlé), selon le récit que fit Jim Bordeaux, un commerçant français témoin de la scène.
Cet épisode de "la vache du Mormon" marque le début du conflit majeur qui eut lieu dans les Grandes Plaines du Nord et qui durera trente-six ans pour se terminer dans la neige ensanglantée de Wounded Knee
En représailles, en novembre, les Américains attaquent le village du chef Little Thunder, ils tuent ou mutilent 136 Indiens et font 70 prionniers. Little Thunder, se présente à Fort Laramie avec plusieurs compagnons. Il se livre pour obtenir la libération des prisonniers. Il seront gardés deux ans avant d'être libérés.
Durant toute cette période, les Amérindiens furent refoulés à l'Ouest du Mississippi
Les restes de nombreuses tribus de l'Est s'entassaient dans ce territoire, ayant de grandes difficultés à s'adapter à un environnement si différent, tandis que les tribus originaires de la région s'irritaient de la présence de ces nouveaux venus.
• Un peu plus tard en novembre 1854, le jeune Chef Spotted Tail (Sinte Cleska) attaque une diligence sur la piste de Laramie. Deux des occupants sont tués et les Indiens s'amusent à disperser les 20.000 dollars en billets qui se trouvent dans les bagages.
• 1855 Traités avec les tribus des territoires de l'Oregon et du Washington.
4.2.1 "Navajo War" 1860-1864
Cette guerre a commencé dans le Terrritoire du New Mexico à la suite d'accrochages entre les Navajos et les forces militaires présentes dans la région. Les Navajos se rendent au Colonel Christopher "Kit" Carson qui ordonne la destruction des biens des Navajos et organise la "Navajo Long Walk", la déportation jusqu'à Bosque Redondo au Nouveau Mexique. 9.000 hommes, femmes et enfants marchèrent 350 miles de leurs terres natales dans le nord de l'Arizona vers la réserve de Bosque Redondo. Après quatre années de souffrances, de malnutrition, de maladies, les Navajos signèrent un traité les autorisant à retourner sur leur terre natale, reconstruire leur communauté, sous la condition de rester dans la réserve.
4.2.2 "Paiute Indian War", 1860
Une seule fois dans l'histoire du Pony Express, le courrier n'a pas pu passer. Le service dut être interrompu à cause du début de la Guerre des Indiens Paiute en mai 1860.
Au cours de l'hiver 1859/1860, quelques 6.000 Paiutes du Nevada ont souffert de violentes tempêtes de neige et de conditions rigoureuses. Les Paiutes rejetaient la responsabilité de leur malheur sur les blancs, qui avaient coupé les arbres desquels les Indiens cueillaient les fruits comme les noix pour se nourrir. Au printemps, toute la tribu était décidée à attaquer les colons américains, sauf un chef appelé Numaga. Pendant trois jours Numaga n'arrêta pas de discuter, en vain, pour la paix.
• Le 7 mai 1860, quelques Indiens firent un raid sur la halte du Pony Express, tuant cinq hommes.
• Les semaines suivantes, d'autres blancs isolés dans la région des Paiutes, tombèrent dans des embuscades et furent tués. Le Pony Express était une cible spéciale; en tout , sept haltes relais furent rasées, 16 employés furent tués et 150 chevaux furent dérobés. Les dépradations causées par les Paiutes coutèrent 75.000 dollars en stock et équipement divers.
• En juin 1860, grâce à l'intervention des troupes du gouvernement fédéral, les attaques prennent fin. Quatre transports qui avaient été retardé arrivent à San Francisco le 25 juin.
4.2.3 Massacre du Minnesota, 1862
Par le Traité de Laramie, les Sioux Santees (Dakotas) avaient donné beaucoup de leurs terres du Minnesota. Or le gouvernement des Etats-Unis les affamait en ne livrant pas comme promis les provisions et les sommes d'argent qui leur étaient dues en contrepartie de la vente à l'Etat de ces terres.
Excédés par les violations des Traités, les promesses non-tenues, et par leur dépendance vis à vis des colons blancs, en 1862, les Indiens se révoltèrent dans le Minessota contre le gouvernement des Etats-Unis
Leur Chef, "Little Crow" ne parvint pas à convaincre son peuple à résoudre pacifiquement ce manque de nourriture, et leur privation de liberté.
Pendant leur libre existence, avant le traité, la nature avait fourni la nourriture en abondance aux Indiens du Minnesota. Après 150 ans de rapports amicaux d'abord avec les Français, puis les Anglais, et finalement les Américains, ils se sont trouvés coupés de toute ressource naturelle, sur une partie de terre de 20 miles par 30, ce qui pour eux était un emprisonnement virtuel. Le traité prévoyait que le gouvernement devait pourvoir à leur alimentation, leurs vêtements, des maisons devaient être construites pour eux, on devait leur apprendre l'agriculture, et des écoles assurer l'avenir des enfants. Ils avaient signé le traité sous pression, croyant en ces promesses sur la foi d'une grande nation.
Cependant, en entrant dans leur nouvelle vie, les ressources promises ne se sont pas matérialisées. Beaucoup de familles souffraient de famine, après avoir mangé leurs chevaux, ils rongeaient l'écorce des arbres pour survivre. Très graduellement ils se sont réveillés aux faits. "Little Crow" a sans doute fait la plus grande erreur de sa vie en signant cet accord.
Pour rendre les affaires en question plus difficiles encore, les annuités en argent ne furent pas payées pendant deux ans. Quand on apprit que les commerçants avaient touché 98.000 dollars d' "accompte", il y eut un sentiment très amer.
"Little Crow" qui demandait cependant à son peuple de ne pas prendre les armes, fut tenu en partie responsable de la duperie, et sa vie était menacée.
• La révolte commença le 4 août 1862 par le pillage de deux entrepôts du gouvernement à Redwood où 5.000 Indiens attendaient la distribution annuelle de nourriture. La situation était si désespérée que des Santees de l'Agence Supérieure à Yellow Medicine (la partie nord de la réserve) entrèrent par effraction dans un entrepôt et prirent du porc et de la farine pour nourrir leurs familles. Les Santees sous la juridiction de l'Agence Inférieure à Redwood, qui étaient également affamés, réclamèrent des rations de secours. L'agent Indien Thomas Galbraith refusa catégoriquement de fournir la nourriture, disant aux Santees de manger l'herbe ou leur propre fumier ("eat grass or their own dung."). Le désespoir, la faim et les propos insultants de Galbraith entraînèrent le soulèvement.
• le 14 août, la révolte dégénère quand quatre jeunes Indiens qui revenaient de la chasse, décident, de voler quelques œufs à des fermiers blancs d'Acton. Sans doute un peu éméchés, ils retournent leurs armes contre les blancs; ils tuent trois hommes et deux femmes avant de prendre la fuite en volant des chevaux. Les représailles n'allaient pas tarder.
• le 17 août, des messagers sont envoyés dans chaque village avec les nouvelles. A la suite d'un conseil houleux "Little Crow", qui avait une soixantaine d'années, est désigné, contre son grè, comme chef pour faire la guerre aux blancs et combattre les Américains. "Little Crow", qui avait été accusé de tous les malheurs de sa tribu, espérait maintenant regagner son prestige, et une partie de ses terres perdues, en les menant contre les blancs. "Little Crow" déclara qu'il serait vu à l'avant de chaque bataille, et il est vrai qu'il était le premier pour que ce carnage réussisse, invitant ses guerriers à n'épargner personne. Il commanda à son chef de guerre, "Many Hail" de tirer la première balle pour tuer le commerçant James Lynd à la porte de son magasin. Les militants tuèrent cinq autres colons, et le massacre se poursuivit des deux côtés.
La révolte avait été rendu possible par le manque d'effectif de l'armée occupée sur les fronts de la Guerre Civile commencée en 1861. Certains Indiens proposèrent de tirer profit du fait que le Nord et le Sud étaient en guerre pour éliminer les colons blancs et pour retrouver leurs terres et leur liberté. Quelques hommes s'élevaient contre une position aussi désespérée, mais la conflagration avait explosée hors de leur contrôle.
• Le matin du 18 août, le soulèvement commença par des attaques dans les fermes périphériques. Les Indiens se livrèrent au "massacre de plusieurs centaines de colons" (Dee Brown dans "Bury my heart at Wounded Knee"). Certains auteurs évoquent des bandes de jeunes pillards indisciplinés, échappant à tout contrôle. D'autres parlent d'atrocités, mais qui ne concerneraient que 20 hommes, 10 femmes et enfants. Ce qui n'enlève rien à l'horreur des faits. Des individus avec lesquels les Indiens avaient eu des griefs précis (tel que le commerçant Andrew Myrick) furent trouvés massacrés avec de l'herbe bourrée dans la bouche.
Beaucoup d'Indiens chrétiens ou métis risquèrent leurs propres vies pour protéger des colons blancs. Ils s'attendaient à être traité comme des neutres, mais la colère des colons s'est également porté sur eux.
Il y a lieu de remarquer ici, que si certains indiens "civilisés" ou métis se joignirent au mouvement, la plupart refusèrent et plus d'un risqua même sa vie pour des colons blancs, les aidant à fuir ou les protégeant quand ils étaient capturés et détenus dans un village hostile. Big Eagle affirmera qu'il avait sauvé plusieurs amis blancs le 18 août.
Il y avait beaucoup de sangs mélés parmi ces Sioux, et certains des Indiens ont maintenu que ceux-ci étaient des complices des blancs dans le vol de leurs biens, donc leurs vies ne devraient pas être épargnées.
Des milliers de colons s'enfuient, en proie à la panique et la répandant partout où ils passent. Le gouverneur réunit des troupes - inexpérimentées - et des milices qu'il envoie à Fort Ridgely où se sont regroupés les Dakotas.
• A l'aube du 20 août, un grand nombre d'Indiens menés par "Little Crow", "Mankato" et "Big Eagle", se montrent en vue du Fort.
Une partie des Indiens, dont les chefs refusent d'attaquer des femmes et des enfants sans défense abandonnent le combat. Les plus excités se rendent à New Ulm où ils espèrent trouver des vivres. Les hommes d'une garnison, recruteurs pour l'armée, tombent dans une embuscade, 25 sont tués sur 46. De retour à Fort Ridgely, 400 Sioux attaquent le Fort de tous côtés, mais les efforts sont désordonnés. Malgrè des renforts les Sioux ne parviennent pas à prendre le Fort et démoralisés battent en retraite après plusieurs heures.
• Le matin du 22 août les Sioux-Santees lancent un nouvel assaut sur New Ulm. Ils se heurtent aux barricades. Après des heures de bataille, les Sioux se retirent laissant derrière eux une ville dévastée, 190 bâtiments sont détruits ou brûlés, les défenseurs ont eu 36 tués et 23 blessés. Par crainte d'épidémie la population est évacuée sur 153 chariots escortés. De leur côté les Sioux se replient vers le Nord-Ouest avec le fruit de leurs pillages et des prisonniers.
• Little Crow veut la paix mais se retrouve sans autorité. Une escarmouche se déroule à Acton, le 3 septembre, puis à Hutchinson et à Forest City où des maisons sont attaquées et pillées. On lui demande de se rendre; il refuse sans garantie d'amnistie pour son peuple.
Après trois jours de sacage intensif, le Président Lincoln fit envoyer des renforts de troupes pour apaiser le soulèvement à n'importe quel prix. Le Colonel Henry Hopkins Sibley est nommé le 19 août et prend le commandement de 1.400 hommes du 6me Régiment de Volontaires du Minnesota avec ordres concernant les Sioux - de détruire tout leurs biens et de les faire sortir vers les Plaines … Il faut les traiter comme des fous ou comme des bêtes sauvages - "to destroy everything they own and drive them out into the plains...They are to be treated as maniacs or wild beasts".
• Le 3 septembre, se déroulent de nouvelles escarmouches à Birch Coulee à 13 miles de Fort Ridgely où Sibley avait fait camper sa troupe en route pour le Fort. Les Sioux décident d'anéantir la troupe. Après un assaut les 87 chevaux sont abattus, 22 hommes sont tués et 60 blessés; les Indiens n'ont eu que deux tués. Des renforts de troupe tardent puis arrivent, mais les Indiens se sont dispersés dans la nature.
• La bataille se termine le 18 septembre. En route pour négocier, le Colonel Sibley est accroché à Wood Lake, mais les Sioux cessent le combat quand le chef Mankato est tombé avec une quinzaine de guerriers. Les prisonniers sont libérés.
COMMISSION MILITAIRE
Les membres survivants de ce sanglant soulèvement furent recherchés. Une commission militaire de cinq membres condamna 303 des 392 Santees emprispnnés à être pendus. Le Président Abraham Lincoln gracia de nombreux condamnés, mais 38 furent néanmoins pendus en 1862, le dernier le 26 décembre 1862 au Fort Mankato, dans ce qui fut la plus massive exécution de l'histoire des Etats-Unis.
Les corps des hommes exécutés furent enlevés de leur fosse commune après la tombée de la nuit par les médecins légistes, qui les utilisèrent comme spécimens de laboratoire.
Les unités de l'Armée traînèrent les Santees qui s'étaient échappés au Minnesota dans les camps bardés de palissades au Badlands et au Dakota du Sud. Les Indiens souffrirent de la famine avant de mourir dans le dénuement au cours de la saison d'hiver, rigoureuse et glaciale, que connaît généralement le nord des Etats-Unis.
Deux mois plus tard, le Congrès déclara les traités avec les Sioux-Santees abrogés. Le reste des survivants se réfugia au Canada.
• Le 4 mai 1863, après leur défaite, 1.300 Sioux-Santees survivants, qu'ils aient ou non participé au soulèvement, la plupart d'entre eux femmes et enfants, embarquèrent sur deux steamboats en direction du Territoire du Dakota pour y être expatriés. Sur le rivage les colons leur jetaient des pierres. Au cours de la première année 300 décèdèrent.
Bilan :
Des chiffres exagérés ont circulé concernant ce conflit, les plus fiables parlent de 77 soldats tués, 413 civils blancs tués, 71 Indiens tués dont les 38 pendus à Monkato où un memorial a été édifié à la mémoire des morts des deux côtés.

Reconciliation Park - Mankato, Minnesota
4.2.4 "Bear River Massacre": 29 janvier 1863
(D'après la découverte faite en 1997 du manuscrit laissé par le Sgt William L. Beach de la Company K 2nd Cavalry Regiment, California Volunteers, qui participa au Massacre, par Brigham Madsen.)
• Les Mormons avaient été chargés par le président A. Lincoln de surveiller temporairement les routes et les lignes télégraphiques de la région.
• Les troupes de l'US Army commandées par le colonel Connor étaient stationnées à Camp Douglas (plus tard appelé Fort Douglas), non loin de Salt Lake City. Ses objectifs étaient de soulager les Mormons de leur tâche de surveillance et d'exercer une surveillance des Indiens. Mais Connor était en froid avec les Mormons qu'il considérait comme des traitres, meurtriers, fanatiques. Et Connor était avide de se faire une réputation de grand chef militaire.
Les Indiens, sous la conduite de leur Chef Bear Hunter, étaient accusés de poursuivre des raids pendant l'hiver 1862-1863, de s'être approprié des terres et de l'eau dans la vallée.
- Le 29 janvier 1863, après la mort d'un colon, un mineur nommé William Bevins fit une déclaration écrite sous serment, certifiant qu'il avait été attaqué par des Indiens avec sept autres et que l'un d'eux avait tué le colon. Il ajouta que 10 mineurs avaient été tué, par les mêmes Indiens, en se rendant à la mine.

"Un des six grands Massacre d'Indiens du Far West, de Bar River en 1863 à Wounded Knee en 1890." Brigham Madsen
L'armée, sous le commandement du Colonel Patrick Edward Connor avec 200 volontaires californiens, auxquels il avait dit qu'il ne voulait pas faire de prisonniers, attaqua un camp de Northwestern Shoshone sous la conduite de leur chef Bear Hunter, situé au confluent de Beaver Creek et de Bear River dans Cache Valley. L'attaque se produisit dans l'obscurité à 6 heures du matin; deux heures après 250 Indiens étaient tués, les autres restaient sans munition. Les deux heures suivantes les soldats achevèrent hommes, femmes et enfants qui restaient vivants. Approximativement 400 Shoshones furent tués, les soldats poursuivirent leurs exactions et mirent le feu à ce qui restait du camp, abbatant également 175 chevaux. Les corps furent laissés aux loups et aux corbeaux. Ceux qui échappèrent furent pris en charge par des mormons qui se trouvaient dans les parages
La paix ne revient qu'avec la fermeture de la piste de l'Oregon, en 1869.
4.2.5 "Sand Creek Massacre" 29 novembre 1864
appelé également "Massacre de Chivington".
Lorsqu'ils s'installèrent dans les Blacks Hills,
les Cheyennes y trouvèrent déjà les Arapahoes avec lesquels ils s'entendirent. Leurs croyances étaient similaires. Ils s'allièrent souvent contre l'armée des États-Unis. Les Cheyennes faisaient beaucoup d'échange avec les blancs. Ils troquaient des fourrures, des chevaux et des mocassins contre de la nourriture, du tabac et des fusils. Avec l'arrivée massive de colons, des incidents survinrent :
Quelques guerriers
de ces deux tribus perpétrèrent des pillages le long de la rivière Platte, des exactions se multiplièrent sur les relais de diligence et sur les trains de ravitaillements de l'armée, mais il ne s'agissait que d'actes isolés.
Le lieutenant Edward W.Wyncoop, Commandant de Fort Lyon eut la volonté de discuter d'un arrangement et de s'assurer que les Indiens innocents soient sous la protection de l'armée pour qu'ensuite cette dernière puisse chasser les coupables des vols et des meurtres.
Avec l'aide de Robert Bent, un blanc dont les frères vivent avec les Indiens, Wyncoop réussit à entrer en contact avec Black Kettle, chef Cheyenne, pacifiste convaincu.
• Le 27 septembre 1864, Black Kettle ainsi que six autres chefs parmi lesquels White Wings, One-Eye et Bull Bear, se réunissent à Camp Weldmar pour un conseil de paix. Parmi les gens qui les écoutent se trouvent le gouverneur du Colorado John Evans, ainsi que Wyncoop et plusieurs généraux parmi lesquels un vétéran de la guerre contre les Indiens, le général Curtis.
Wyncoop trouve un accord avec les chef présents: il leur donne une terre à Big Sandy Creek, à 40 miles de Fort Larned et dans l'ombre des Smoky Hills, près du lit asséché d'une rivière. Pour assurer les Indiens de la protection de l'armée, Wyncoop promet d'installer un drapeau américain au centre de la réserve.
Il y a là 600 Indiens majoritairement des Cheyennes sous l'autorité de Black Kettle, Yellow Wolf, War Bonnet, White Antelope, Spottled Crow, Bear Robe, Bear Man, Crow, Sand Hill et Lone Bear. Il y a aussi quelques Arapahos de la tribu de Left Hand.
En novembre, l'armée du Colonel John Milton Chivington (qui était favorable à l'extermination des Indiens), forte de 700 hommes, se déplace de Bijou Creek, où elle avait établie son campement, jusqu'à la réserve de Sand Creek. Chivington a en outre 4 obusiers et, parmi ses guides, Robert Bent, qu'il a contraint à le servir et dont les deux frères se trouvent chez les Cheyennes.
• Malgrè les engagements pris, à l'aube du 29 novembre 1864, le 3e régiment du Colorado, divisé en plusieurs compagnies, attaque la réserve de Sand Creek de trois côtés différents.
La boucherie dura deux jours,
temps pendant lequel Chivington fait tout ce qui est en son pouvoir pour trouver des preuves que les Indiens sont bien hostiles aux Blancs. Deux tiers des Indiens étaient des femmes et des enfants, 200 furent massacrés après s'être rendus et les soldats mutilèrent leurs corps. Chivington et ses hommes furent récompensés, gloire leur fut faite lors de la parade militaire à Denver où ils exhibèrent leurs atroces trophés avec fierté.
Au court de ce massacre, le chef White Antilope trouva la mort. Pendant ce temps, le chef Black Kettle et une partie de la tribu, échappant miraculeusement à cette effroyable affaire, réussit à s'enfuir.
L'événement du 29 novembre 1864 aura des répercussions sur les relations futures entre les Indiens et les Blancs.
• 1862/1872 Guérillas Apaches dans le Sud-Ouest.
• 1er janvier 1863, Mort de Mangas Coloradas, Chef des Apaches Gilas.