L’Ardèche possède un grand nombre de personnages célèbres qui ont marqué l’histoire de ce département ou de la France, tels que Olivier de Serres, les frères de Montgolfier, Boissy d'Anglas, Seguin... Qui sont ces hommes qui ont donné leur nom aux rues, places et monuments de nos cités ? Quel est leur parcours ?

Le cardinal François de Tournon,
1489-1562
"le Richelieu de François 1er"

Devise du cardinal de Tournon:
"Non quae super terram" (" Non aux biens de ce monde")

Né au château de Tournon en 1489, François de Tournon est le cinquième enfant de Jacques II de Tournon et de Jeanne de Polignac. Cardinal François de Tournon

Il fait ses études à l'abbaye de Saint-Antoine de Viennois. Il rencontre François 1er à Lyon. Il occupe plusieurs sièges d'archevêque (Embrun, Bourges, Auch, Lyon), est plusieurs fois abbé et tire de très importants revenus de ses charges ecclésiastiques. Il est nommé cardinal en 1530 et participera de ce fait à plusieurs conclaves.

Caractère hors du commun, François de Tournon a marqué son époque par ses grandes qualités diplomatiques dans le tumulte des guerres. En effet, en 1525 il réussit à libérer François Ier, alors prisonnier de Charles Quint. Le Roi de France aura ainsi une confiance absolue en son libérateur. Il lui confiera des missions diplomatiques de la plus haute importance dont le rachat du Dauphin et d'Henri d'Orléans (futur Henri II), retenus prisonnier par Charles Quint en 1530.

Conseiller de la régente, puis négociateur international, participant à plusieurs conclaves; il remplit, les fonctions de ministre des affaires étrangères de François 1er, sans jamais avoir reçu le titre de ministre, ni même de conseiller.

En 1536, Pierre de Ronsard fut attaché comme page au dauphin Charles d'Orléans, le troisième fils de François Ier, et vit mourir le jeune prince trois jours après, au château de Tournon.

Après la mort de François 1er, en 1547, le cardinal de Tournon se consacre plus particulièrement au développement du Collège de Tournon, à la lutte contre la Réforme et à l'introduction des Jésuites en France.

Collège de Tournon

En 1536, François de Tournon décide de doter sa ville natale d'un Collège dans lequel l'enseignement dispensé serait totalement gratuit. "Maîtres et élèves devraient s'y adonner à l'étude de disciplines nouvelles tout en gardant la foi de leurs ancêtres". En 1548, le Collège de Tournon devient une université de Philosophie et des Sept Arts Libéraux. En 1552, le succès est tel que le Pape Jules II érige le Collège en Université, donnant à Tournon ce privilège que partageaient quelques rares villes de Province.

Très vite, elle sera fréquentée par plus de deux mille étudiants, originaires de l'Europe entière. Des presses universitaires éditent de nombreux ouvrages à l'intention de ces étudiants.

Face à la montée de la réforme, le 6 janvier 1560, le Collège passe sous la direction de la Congrégation de Jésus.

Jusqu'à sa mort, le 22 mai 1562, le cardinal se consacrera plus particulièrement à la lutte contre la Réforme et à l'introduction des jésuites en France.

La fonction universitaire perdura jusqu' en 1626 puis Tournon redevient un simple collège d'enseignement secondaire. En 1776, le collège passe aux mains des Oratoriens qui introduisent l'enseignement de l'histoire-géographie, celui des sciences exactes et des sciences d'observation, tout en donnant au français une plus grande place.

En 1820, le collège passe sous administration laÏque et suivra alors le destin de tous les établissements officiels d'enseignement… et deviendra Lycée en 1848, puis prendra le nom de Gabriel Faure (écrivain tournonnais) en 1967.

Il est le plus vieux collège d'Europe : Histoire

sources
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