Portraits d'ardéchois

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Famille de VOGÜÉ


une famille Vivaroise

Armes et devises :

Blason de la famille Vogüé
Blason de la famille de Vogüé

Les armes : "D'azur au coq d'or barbé, crêté et membré de gueules"

La famille a deux devises :
• la plus ancienne : Fortitudine et Vigilancia (Courage et Vigilance)
• la plus "récente", inscrite sur un tableau (visible au château) peint pour une certaine occasion et représentant les armes de Vogüé entourées de part et d'autre par des lions : les armes de la famille de madame et que monsieur, pour montrer qui était le "patron" malgré tout, a fait inscrire cette devise : Sola vel voce leones terreo (J'effraie les lions d'un seul cri), qui depuis est restée.

… les intimes racines ancestrales …

La famille de Vogüé est une famille de la noblesse française, originaire du hameau étrange, dans son site sauvage, de Rochecolombe, dans le canton de Villeneuve-de-Berg et tire son nom d'une localité située sur le cours de l'Ardèche, à quelque distance au sud d'Aubenas. Dès avant la Révolution et à la suite d'alliances matrimoniales, la branche aînée des Vogüé avait quitté le Vivarais pour s'établir en Bourgogne, en Berry et dans le Nivernais.

Les Vogüé (dont étaient issus les comtes d'Aubenas) et la branche Soubise des Rohan furent associés étroitement à l'histoire du Vivarais du XVIe-XVIIe siècle (cf. révolte de Rohan dans les Cévennes en 1629), au XIXème siècle (où les Vogüé continuent de posséder des terres et des activités industrielles sur la majeure partie du Vivarais). On rencontre les membres de cette famille aux places d'honneur. À chaque génération, elle a donné de brillants capitaines ; plus récemment des académiciens, un ambassadeur, un dirigeant de l'agriculture française.

Bertrand de Vogorium

L'histoire de la famille de Vogüé est intimmement liée à celle du Vivarais et de l'Ardèche. Les premières traces de la famille datent du XIe, avec des écrits mentionnant en 1084 une donation au monastère de Saint-Martin de la Ville-Dieu, effectuée par Bertrand de Vogorium, sa femme Bermonde et ses fils Jean et Raymond.

 

Un Raymond de Vogüé faisait partie de la troisième croisade (1189-1192).

 

Mais il faut attendre le XIIIe siècle (1206), pour commencer à dérouler sans interruption jusqu'à aujourd'hui l'écheveau familial.

Raymond (II) de Vogüé

Raymond II résidant lui au château de Rochecolombe marquera avec autorité l'agrandissement du domaine de Vogüé. Il affranchira ses vassaux et supprimera les tailles et les corvées. Par contre, il exigera impérativement de ses vassaux l'entretien des moulins et des écluses du village, sources de substanciels revenus. En 1256, Raymond de Vogüé, seigneur de Vogüé et de Rochecolombe, épouse Guillelme de Laudun.

Raymond (III) de Vogüé

Un autre Raymond de Vogüé, damoiseau puis chevalier, cité en 1292, épouse Mascoude de Senneterre. Il participe à l’Assemblée de la Noblesse du Languedoc, tenue à Montpellier le 7 août 1303, pour avis sur les affaires du roi Philippe IV avec le Pape Boniface VIII. Il est alors dit co-seigneur de Vogüé avec Raymond de La Crotte, seigneur du Béage ; acte avec Guidon de Montlor, au début 1304 à propos de l’exemption pour les sujets de Raymond du péage d’Aubenas ; il renouvelle son hommage à Louis, évêque de Viviers le 10 novembre 1307 ; puis passe diverses transactions en 1311 et 1345 avec les habitants de Roche-Colombe, en 1314 avec ceux du Mas-de-Sablères et du Port de l’Ardèche ; il reçoit un aveu de François d’Alègre en 1330 pour des biens sis au diocèse du Puy.

Ils ont un fils Audibert de Vogué qui a un fils Pierre qui suit :

Pierre de Vogüé

Pierre de Vogüé, cité en 1461 et 1503, épouse Marguerite Bernard, héritière en 1464 de son oncle Antoine Bernard, co-seigneur de Lanas. Leur fils Antoine qui suit :

Antoine de Vogüé

Seigneur de Lanas, épouse Jeanne de Caissac. Leur fils Jean qui suit :

Jean de Vogüé

Jean de Vogüé, chevalier, seigneur de Roche-Colombe et Saint-Maurice, adoubé chevalier au camp de Salce (Roussillon, 1503), chevalier de l’Ordre du Roi, il épouse Gabrielle de Caires d'Entraigues en 1507. Il teste en 1552. Ils ont 9 enfants dont Guillaume qui suit :

Guillaume de Vogüé dit "Roche-Colombe"

Guillaume de Vogüé, fils de Jean de Vogüé, chevalier, seigneur de Roche-colombe et de Lanas, jouera un rôle éminent en Vivarais pendant 40 ans, particulièrement pendant les guerres de religion. Il connaîtra Vogüé investit par les protestants en 1569. En 1587, il signera au château le "traité de labourage". Il épouse Antoinette de Galliens de Védène en août 1558. Ils ont six enfants, deux fils : Melchior Ier et Louis seigneur de Gourdan (voir plus loin branche de Gourdan).

Melchior Ier de Vogüé

Château de Vogüé
Les Vogüé reprennent possession du château en 1603, sous Melchior Ier et le transforment en une magnifique demeure Renaissance qui accueillera les États du Vivarais.

 

Melchior Ier succéde à son père Guillaume et deviendra pour la première fois propriétaire du grand château et du Châtelet (1603-1623). Il sera gouverneur de Bagnols, chevalier de l'Ordre du Roi (1604). Il vend les terres de sa femme, complète par achat diverses co-seigneuries et regroupe les terres du domaine de Vogüé, érige un nouveau château, et participe aux guerres civiles pour le Roi à la tête de son propre régiment sous le Connétable de Montmorency. Il épouse Dorothée de Montfaucon en août 1597. Ils ont 7 enfants dont Georges qui suit :

Georges, seigneur de Vogüé

Georges, premier comte de Vogüé, succédera à son père Melchior Ier. Melchior Ier et Georges sont les auteurs de la branche des marquis de Vogüé. Bailli du Vivarais, il recevra en son château le 2 juin 1629, le roi Louis XIII, venu soutenir le siège de Privas contre les protestants. Il devra assumer la "révolte de Roure" provoquée par des impositions abusives.

Le 20 juillet 1670, lors de la révolte de Roure on voit Georges de Vogüé (fils de Melchior Ier de Vogüé) occuper d'importantes fonctions officielles : bailli du Vivarais, du Viennois, du Valentinois, homme de crédit et d' autorité… Pris au dépourvu, ému, embarrassé, Georges ne put se soustraire à cet honneur inattendu et compromettant.... Il proposa de faire une démarche pacifique auprès de son beau-frère le comte du Roure qui était au Bourg-Saint-Andéol à la tête des troupes royales. Après l'échec de sa démarche, Georges de Voguë reprit pacifiquement l'administration de son domaine.

Il épouse Françoise de Grimoard du Roure en octobre 1635. À sa disparition, c'est son fils Melchior II qui dirigea la seigneurie.

Melchior II de Vogüé, 1er marquis de Vogüé (?-1706)

Il dirige la seigneurie après son père Georges. Il affirme ses privilèges sur les droits de pêche, les bâteaux, les moulins, les fours et la feuille de mûrier, base de la culture du ver à soie. Il substituera le fermage au métayage tandis qu'il apportera  d'importantes modifications aux châteaux de Rochecolombe et de Vogüé. Il fera reconstruire l'église en 1691, telle qu'elle se présente aujourd'hui. Dans un mur du clocher, il fera sceller l'écusson de sa famille. Il épouse Gabrielle de Motier de Champetières en 1667, ils auront 7 enfants dont Cérice François de Vogüé qui suit :

Cérice-François de Vogüé, 2e marquis de Vogüé (1683 - 1739)

Cérice-François se trouva à 23 ans à la tête du domaine de la famille que lui légua sa mère, au décès de son mari Melchior II. Il se consacra sans réserve à sa nouvelle tâche et sut la poursuivre sans défaillance. Baron d'Aubenas et de Vogüé, par lettres patentes de 1713. Après diverses tractations, Cérice-François se trouva titulaire de trois baronnies : de Montlor, de Vogüé et d'Aubenas, ce qui assurait à sa maison trois "tours" d'entrée aux États du Languedoc, sur les douze qui étaient réservées au Vivarais. Toutes ces acquisitions avaient été rendues possible par une opération consistant à vendre les terres lointaines provenant de l'héritage de sa mère ou de la dot de sa femme, puis à emprunter à fonds perdus des sommes fournies par des voisins sans enfants, notamment pour acheter la terre d'Aubenas. Puis, il hérita de son cousin-germain Givry de la terre de Soubray (Soubrets)s'allongeant sur les hauts-plateaux qui séparent le Velay du Vivarais.

Marié en 1705 à Marie-Lucrèce de Tournésy (†1725) puis en 1726 à Marie-Anne de Serres.

De ses mariages il a 6 enfants ; de son premier mariage, il a Charles-François-Elzéar de Vogüé qui suit :

Charles-François-Elzéar de Vogüé, 3e marquis de Vogüé (1713-1782)

Né le 14 juillet 1713, membre des États du Vivarais et de Languedoc, à titre de baron de Montlor, de Vogüé et d'Aubenas en 1731 ; il présida le 4 avril 1737, comme subrogé de son père, le dernière session des États du Vivarais tenue dans la salle des États du château de Vogüé ; seigneur de Vogüé et Aubenas de 1739 à 1782.

Mestre de camp du régiment de cavalerie d’Anjou (1736), de celui des Dragons du Dauphin (1746), Maréchal Général des Logis de la Cavalerie en Italie (campagnes 1745-1746), Maréchal de camp (1748), Inspecteur-Général de la Cavalerie et Lieutenant-Géneral (1758), Commandant l’armée sur le Bas-Rhin (hiver 1761-1762), Maréchal-Général des Logis de l’armée, Gouverneur de Montmédy (1763).

Il est décédé en 1782. (Il est représenté sur une toile d'Armand Fayein, conservée au château d'Aubenas). Il accéda à la grandesse d'Espagne. Il épouse Marie-Madeleine de Truchet de Chambarlhac en 1732. Ils ont 5 enfants dont Melchior-Cérice-François de Vogüé (1732/1812) et Florimond-Annicet-Innocent de Vogüé comte de Vogüé (1734-?) qui suivent :

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Melchior-Cérice-François de Vogüé, 4e marquis de Vogüé (1732 - 1812)

Né le 1er décembre 1732, capitaine au régiment de cavalerie d’Anjou (1748), mestre de camp d’un régiment de cavalerie de son nom (1759), colonel de cavalerie, Lieutenant-Général des Armées du Roi, Maréchal de camp, député du Vivarais aux États Généraux (1789). Il émigra sous la Révolution, servit dans l'armée des Princes, rentra en France sous le Consulat et mourut sous l'Empire le 16 décembre 1812.

Il épouse en 1763 Jeanne-Marie (ou Madeleine) Thérèse du Bouchet de Sourches décédée en 1765. Puis il épouse Louise Catherine Bouhier de Versalieux décédée en 1783 , dont : Charles qui suivra.

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Florimond-Anicet-Innocent, comte de Vogüé (1734-?)

Il est né en mars 1734. Officier au régiment du roi puis capitaine au régiment de son frère, lieutenant-colonel de Carabiniers.

Il épouse Marie-Anne de Cadolle. Ils auront deux enfants : dont Louis-françois-Charles-Florimond de Vogüé (1769-1839) et Eugène-Jacques-Joseph-Innocent de Vogüé (1777-1854) qui suivra.

Louis-François-Charles-Florimond de Vogüé (1769-1839)

Il est né le 25 août 1769, fils de Florimond-Anicet-Innocent, et décédé le 21 mai 1839. Il épouse Marguerite-Gabrielle-Sophie de Jullien de Vinezac en 1804.

Eugène-Jacques-Joseph-Innocent de Vogüé (1777-1854)

Il est né le 8 février 1777, fils de Florimond-Anicet-Innocent, et décédé le 15 mars 1854. Il épouse Laure-Angélique-Joseph-Innocent de Sibeud de Beausemblant en 1810. Il aura 4 enfants, dont Marie-Victoire-Raphaël de Vogüé marié à Henriette Anderson, qui auront deux fils dont Eugéne-Melchior (1848-1910) qui suit :

Eugène-Melchior, vicomte de Vogüé (1848-1910), diplomate et écrivain.

Il est né à Nice, le 24 fvrier 1848. Fils de Marie-Victoire-Raphaël de Vogüé (1815-?), petits-fils d'Eugène-Jacques-Joseph-Innocent de Vogüé (1777-1854) et arrière-petits-fils de Florimond-Anicet-Innocent de Vogüé né en 1732.. Il était de la branche des Vogüé de Gourdan, près d'Annonay, alliès aux Du Peloux.

Diplomate, il a collaboré à la "Revue des Deux Mondes" et publié : "Syrie, Palestine, Mont Athos, le Roman russe, les Portraits du siècle". Élu à l'Académie Française, le 22 novembre 1888 en remplacement de Désiré Nisard, il a été reçu par Edmond Rousse le 6 juin 1889. Il a reçu Gabriel Hanotaux et Paul Bourget.

Député de l'Ardèche de 1893 à 1898. Parmi tous ses ouvrages : romans et essais… il faut citer les "Notes sur le Bas-Vivarais" parues dans la "Revue des deux mondes" à laquelle il collaborait. Il était neveu du marquis Melchior de Vogüé ( archéologue, diplomate, historien, auteur de l'ouvrage  "Une famille vivaroise", en 2 volumes, parue en 1912).

Il est mort à Paris le 24 mars 1910.

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Dans la branche cadette, Louis-François-Charles de Vogüé (1769-1839) fut confirmé baron-pair héréditaire en 1824, mais le titre de comte de Vogüé est porté d'ordinaire. Dans la branche dite de Gourdan, on porte le titre de vicomte de Vogüé. Tous ces titres sont de courtoisie, mais la famille a prouvé son extraction chevaleresque jusqu'en 1256, et satisfait aux preuves pour les honneurs de la Cour le 10 aout 1763 et 25 janvier 1770.

Charles de Vogüé (1781-1807)

Charles de Vogüé est né le 4 juillet 1781, fils de Melchior-Cérice-François de Vogüé (1732-1812) mort le 8 octobre 1807. Il épouse le 24 mai 1802, Zéphirine de Damas d'Antigny, dans l'ascendance de laquelle entraient les Andrault de Langeron et les Bouhier. Ils eurent deux fils, Léonce-Louis-Melchior, marquis de Vogüé, né en 1805, et Charles-Jean-Melchior, né en 1808 postérieurement à la mort de son père. Leur tutelle fut confiée à leur mère, qui épousa en secondes noces César Laurent de Chastellux.

Léonce-Louis-Melchior, 5e marquis de Vogüé (1805-1877)

Léonce Melchior de Vogüé (1805-1877)

Né le 4 mai 1805 à Paris, fils aîné de Charles Elzéar (1781-1807), décédé le 25 juin 1877. Page du roi à Versailles, à l'âge de 16 ans. Il entra dans la carrière militaire, participa à la campagne de Catalogne de 1823 et à l'expédition d'Alger de 1830. Il quitta le service la même année, par fidélité aux Bourbons. Grand d'Espagne de 1re classe. Entré en politique en 1836, Léonce de Vogüé fut conseiller général du Cher en 1839, échoua à la députation dans l'arrondissement de Sancerre en 1842, accueillit favorablement la République de 1848 et siégea à l'Assemblée constituante comme représentant du Cher. Réélu à l'Assemblée législative en mars 1850, il s'opposa au coup d'État du 2 décembre. Membre de la Société d'agriculture du Cher et de la Société centrale d'agriculture, fondateur de la Société des agriculteurs de France, il travailla à promouvoir le progrès technique et les améliorations sociales. Reçoit en héritage de grands domaines fonciers. En 1846, il fait construire une usine moderne fonctionnant au coke à Mazières (Bourges) près du canal de Berry. L'usine emploie rapidement plusieurs centaines d'ouvriers et fabrique surtout du matériel ferroviaire. Après avoir racheté la fonderie de Rosières (Lunery) au marquis de Boissy, il la vend à son tour en 1869 à un autre entrepreneur Jules Roussel. Le marquis légitimiste Léonce Melchior de Vogüé fut aussi maire de Lunery. Il est marié à Henriette de Machault d'Arnouville, Il eut 5 enfants dont Charles-Jean-Melchior de Vogüé qui suit :

Charles-Jean-Melchior, 6e marquis de Vogüé (1829-1916)

Il est né à Paris le 18 octobre 1829, fils aîné de Léonce-Louis-Melchior. Après avoir préparé l'École de Saint-Cyr et l'École Polytechnique, Charles-Jean-Melchior de Vogüé s'engage dans une carrière d'archéologue et d'historien orientaliste. Il fut pendant trente ans représentant du canton de Léré au conseil général du Cher. Remarqué par Alexis de Tocqueville, alors ministre des Affaires étrangères, le jeune comte de Vogüé fut attaché en 1849 à l'ambassade de France à Saint-Pétersbourg, fonction à laquelle il renonça en 1852. Passionné d'archéologie, il explora la Syrie et la Palestine en 1853-1854 et il ramena de ses voyages des matériaux pour ses ouvrages. Il entra à l'Académie des Inscriptions et Belles-Lettres comme membre libre en 1868 et participa à plusieurs périodiques savants : "Revue archéologique"," Revue numismatique", "Journal asiatique", "Bulletin des Antiquaires". Charles-Jean-Melchior de Vogüé (1829-1916)

En 1871, Thiers le nomma ambassadeur de France à Constantinople, poste qu'il quitta en 1875 pour occuper celui de Vienne jusqu'en 1879. Homme de foi et catholique militant, Charles-Jean-Melchior de Vogüé prit une part décisive au développement d'institutions œuvrant dans ce domaine : Office central des œuvres charitables, Œuvre de la propagation de la foi, Œuvre des écoles d'Orient, Société de secours aux blessés militaires. Membre fondateur de cette dernière société, il en assura le fonctionnement dans le centre de la France durant la guerre de 1870 et il la présida à partir de 1904. Sous son impulsion se regroupèrent les trois sociétés qui formèrent la Croix-Rouge française. Élu à l'Académie Française le 30 mai 1901, Charles-Jean-Melchior de Vogüé a laissé "Une famille vivaroise : Histoires d'autrefois racontées à mes enfants" en 2 vol. Il est décédé le 10 novembre 1916.

Il épouse sa cousine Marguerite de Vogüé (1835-1860) en 1855, puis en secondes noces Claire-Béatrice-Marie des Moustiers Mérinville (1845-1876). Il eut six enfants dont : Louis-Antoine-Melchior (1868-1948) et Robert-Adrien-Ursin (1870-1936) qui suivent :

Louis-Antoine-Melchior, 7e marquis de Vogüé (1868-1948)

Il est né le 18 janvier 1848 à Versailles, fils de Charles-Jean-Melchior, petit-fils de Léonce-Louis-Melchior. Propriétaire terrien, agronome et industriel français, il fait partie des fondateurs des organisations professionnelles et de prévoyance dans le monde agricole. Il est décédé le 1er mars 1948.

Il épouse Louise-Marie Charlotte d'Arenberg, en 1892. Ils auront 6 enfant dont Melchior-Jean-Marie de Vogüé (1893-1965), Robert-Jean comte de Vogüé (1896-1976) et Bertrand-Pierre-Hélie, comte de Vogüé (1901-1987) qui suivent.

Melchior-Jean-Marie, 8e marquis de Vogüé (1893-1965)

Il est né le 12 juillet 1893 à Paris. Maire de Oizon (1929-1953) ; banquier, administrateur du Crédit lyonnais (1935-1955) avant de quitter le monde pour entrer chez les bénédictins à la Pierre-qui-Vire en 1955, prêtre en 1961. Il est décédé le 30 septembre 1965 à Saint-Léger-Vauban.

Marié en 1920 à Geneviève Brincard, ils eurent 2 enfants, Antoine-Jean-Melchior comte de Vogüé (1923-1998) et Pierre-Louis-Melchior 9e marquis de Vogüé (1921-?).

 

Robert-Jean, comte de Vogüé Vogüé Robert-Jean1896 - 1976

Il est né le 3 août 1896, fils de Louis-Antoine-Melchior de Vogüé et de Louise d'Arenberg.

Robert-Jean de Vogüé réalise des études scientifiques et s'oriente vers une carrière militaire. Homme d'action, il est engagé volontaire à 20 ans et sera libéré avec la Croix de guerre 1914-18 avant de poursuivre sa carrière dans l'artillerie. Il quitte ensuite l'armée pour consacrer son dynamisme au développement de la Maison Moët et Chandon où ses beaux-frères d'Eudeville l'appellent en 1930 pour en reprendre la direction. Il développe une promotion commerciale exceptionnelle et crée en 1936 la cuvée Dom Pérignon dont la célébrité mondiale reste sans égal. Soucieux d'un partage équilibré des efforts et des résultats entre l'ensemble des acteurs de la profession, il institutionnalise les relations contractuelles avec les Vignerons qui vendent leurs raisins aux Maisons de Champagne. Il obtient la création du CIVC (Comité Interprofessionnel du vin de Champagne) en 1941 sur des bases qui perdurent encore de nos jours.
Innovateur du dialogue social au sein de son entreprise et dans la profession du Champagne, Robert-Jean de Vogüé convient avec les représentants des salariés (dès 1930) d'un "contrat collectif", précurseur de ce qui deviendra ultérieurement une convention collective de branche, socle du statut social des salariés en France.

Son rôle leader sera interrompu en 1943 par son arrestation par la Gestapo et sa déportation aux travaux forcés en forteresse en dépit du courageux soutien des salariés des Maisons de Champagne. Libéré en 1945 par les Britanniques, il reprend la présidence de Moët et Chandon dont il assure une habile diversification par l'achat des parfums Dior et des implantations aux Etats-Unis (Napa - Californie) et en Argentine.

Robert-Jean de Vogüé reste dans l'esprit de tous les Vignerons, des Maisons de Champagne et de leurs salariés un de leurs leaders historiques majeurs. Il a prouvé que toute réussite suppose la concertation de tous les acteurs permettant d'obtenir un consensus pour conjuguer leurs efforts vers un objectif commun. C'est sur cet exemple que la Champagne moderne s'évertue de prolonger son œuvre.

Il est mort le 17 octobre 1976 à Paris.

Il épouse Ghislaine-Anne-Louise-Eudes d'Eudeville en 1924 dont il aura 5 enfants.

Bertrand-Pierre-Hélie, comte de Vogüé (1901-1987)

Il est né en 1901, fils de Louis-Antoine-Melchior et Louise d'Arenberg.. Président du Syndicat de Grandes Marques de 1956 à 1967 En 1926, Bertrand de Vogüé rejoint la Maison Veuve Clicquot présidée par son beau-père Bertrand de MUN. Il met également son énergie et ses compétences au service de ses concitoyens rémois qui l'élirent adjoint au maire de 1936 à 1944.
En juillet 1938, Bertrand de Vogüé préside le Comité organisateur des festivités offertes à plus de 6 000 personnalités venues inaugurer la restauration de la Cathédrale de Reims sévèrement endommagée en 1914-18. Il sut rendre hommage aux généreux mécènes et, en particulier, à la Fondation Rockefeller.

Durant la seconde guerre mondiale, Bertrand de Vogüé sera arrêté et déporté en Allemagne avec certains de ses collègues chefs de Maison de Champagne accusés de résistance aux nazis.

À la libération, il reprend ses activités professionnelles (au sein du Syndicat de Grandes Marques de Champagne et de la Fédération des Exportateurs) et interprofessionnelles au sein de l'AVC (Association Viticole de Champagne) et du CIVC (Comité Interprofessionnel du vin de Champagne). Pour favoriser la reconstruction de logements, il participe à la fondation du Coplorr (Comité paritaire du logement de la région de Reims) en 1948 et anime le Comité d'Aménagement de Reims et de sa Région. Toutes ces activités justifieront sa nomination au grade de Chevalier de la Légion d'honneur. Il est décédé le 14 mai 1987

Il est marié à Simone de Mun, dont il aura 9 enfants, dont Alain, comte de Vogüé qui suit,

Alain, comte de Vogüé

Vogüé Alain

Il est né le 31 août 1928, son père est Bertrand-Pierre-Hélie, comte de Vogüé, sa mère Simone de Mum. Président du Syndicat de Grandes Marques de 1975 à 1986
Président de l'AVC de 1962 à 1990

Après des études supérieures littéraires et juridiques à Paris, puis en Angleterre, Alain de Vogüé rejoint la société familiale Veuve Clicquot Ponsardin en 1952, dont il deviendra Secrétaire Général (1958), Directeur Général puis Président (1973). Il initie un contrat d'intéressement de son personnel salarié et développe largement sa Maison tout en participant activement à l'interprofession champenoise où il préside la Commission d'information puis la Commission technique du CIVC de 1962 à 1986. Parallèlement, il est appelé à la Présidence de l'Association viticole champenoise de 1962 jusqu'en 1986.

En 1982, il est élu au Conseil de l'Association des Fournisseurs de la Cour d'Angleterre, dont Veuve Clicquot Ponsardin détient le brevet. Il est le premier étranger à présider cette institution britannique en 1985. Il devient Président du Syndicat de Grandes Marques de Champagne à cette date, et assumera cette responsabilité jusqu'en 1986.

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Robert-Adrien-Ursin de Vogüé (1870-1936)

Il est né le 15 octobre 1870, fils de Charles-Jean-Melchior marquis de Vogüé et décédé le 27 novembre 1936. Il se marie avec Césarine-Anne-"Lucie" Sommier (1874-1946). Ils auront 4 enfants dont Jean-Alexandre-Melchior de Vogüé

Jean-Alexandre-Melchior de Vogüé (1898-1972)

Il est né le 27 avril 1898, fils de Robert-Adrien-Ursin de Vogüé, et décédé le 18 septembre 1972. Il entre dans la marine en 1917 ; enseigne de vaisseau de 2e classe le 15 mars 1918 ; enseigne de vaisseau de 1re classe le 15 mars 1920. À Toulon en 1921 ; lieutenant de vaisseau le 13 septembre 1924. Versé dans le cadre de réserve le 5 janvier 1926. Résistant pendant la guerre 1939-1945 dit "Vaillant". Au printemps 1944 il est un des trois dirigeants du comité d'action militaire (COMAC) créé par le conseil national de la Résistance.

Il épouse Hélène-Marie-Henriette Jaunez (1908-2003). Ils auront un fils Patrice de Vogüé.

C’est lors d’une vente aux enchères en 1875 qu’Alfred Sommier, grand-père de Jean-Alexandre-Melchior de Vogüé, se porte acquéreur du domaine de Vaux-le-Vicomte. Riche industriel et grand amateur d’art, il entreprend de réaliser les travaux colossaux d’aménagement et de restauration dont le domaine a besoin. Depuis trente ans, celui-ci avait été laissé à l’abandon : le château était vide et les jardins en friche. Son fils, Edme Sommier et Germaine Casimir-Perier poursuivent l’œuvre familiale.

Patrice comte de Vogüé (1928 -)

Fils de Jean-Alexandre-Melchior de Vogüé (1898-1972) et d'Hélène-Marie-Henriette Jaunez, petit-fils de Robert de Vogüé, arrière-petit-fils de Louis-Antoine-Melchior, marquis de Vogüé (1868-1948), descendant des Sommier. Patrice de Vogüé est né en décembre 1928. On dit de lui qu'il a "le ton est gentiment bougon, le menton haut des personnages conscients de leur rang, mais sans ostentation" (Le Journal des Arts.fr).

En 1967, Patrice de Vogüé épouse Cristina Colonna di Paliano et reçoit le domaine de Vaux-le-Vicomte, en "cadeau de noces" de son père Jean-Alexandre-Melchior de Vogüé, descendant des Sommier et neveu d'Edme Sommier, mort en 1945 sans postérité.

En 1968, Patrice de Vogüé, décide d’ouvrir les portes du domaine au public.

En 2012, Jean-Charles et Alexandre de Vogüé succèdent à leur père à la direction du domaine.

Château de Vaux-Le-Vicomte
Château de Vaux-le-Vicomte, propriété de Patrice comte de Vogüé, administré par Jean-Charles et Alexandre de Vogüé

 

 

Branche des Vogüé de Gourdan :

La branche dite des seigneurs de Gourdan a été formée par Louis de Vogüé, frère de Melchior Ier. Louis de Vogüé, seigneur de Gourdan, chef de cette branche au commencement du XVIIIe siècle, épouse Charlotte de Villars. de ce mariage est issu Pierre, comte, puis marquis de Vogüé, né en 1698

Louis Ier de Vogüé,

Il épouse en 1605 Marguerite du Peloux, dame de Gourdan. Ils sont les auteurs de la branche dite « de Gourdan ».

Louis II de Vogüé

Seigneur de Gourdan ; il épouse Marie-Madeleine de Roiran du Vilar en 1659.

Louis III de Vogüé

Seigneur de Gourdan ; il épouse Charlotte de Villars.

Pierre de Vogüé dit "comte de Vogüé" (1698 - 1773)

Colonel d'un régiment de cavalerie de son nom, Brigadier des armées du roi, chevalier de saint-Louis, chevalier magistral de l'Ordre de Malte ; il épouse Claire d'Albert en 1751, sans postérité.