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Jean-Yves Gourdol est né le 30 novembre 1939 à Lyon. A sa naissance, ses parents sont jeunes mariés et son père est sous l’uniforme. Bien qu’issue du côté paternel d’une famille protestante, Jean-Yves est baptisé et reçoit une éducation catholique.

“J'aime l'odeur fade de l'encens, la paille des chaises, le velours usé des prie-Dieu, le marbre froid des bénitiers” écrit Jean-Yves. “J'entends la voix du prêtre dénonçant les vaines gloires, faisant ainsi baisser les têtes, qui me glace de plaisir.”

Avec la naissance des ses frères, Jacques, puis Vincent et de sa soeur, Françoise, la famille change de logement, mais reste à Lyon.

Dès son plus jeune âge Jean-Yves participe au patronage paroissial. Les valeurs religieuses, morales et sociales qu’il acquiert lui permettent, en même temps que son statut d'aîné de la famille, de se forger une philosophie morale dans laquelle l'autonomie tient une place prépondérante.

En 1952 sa famille emménage à Paris. Jean-Yves poursuit son éducation au Lycée Janson de Sailly. Jean-Yves joint la seconde troupe de scouts de Paris, où il deviendra chef de patrouille “Chamois” puis novice routier.

En 1959 il poursuit ses études de médecine à la Faculté de Médecine de Paris.

Jean-Yves passe l'été 1963 avec son ami Jean-Pierre Courtin à Fontgillarde dans le Queyras où ils construsient le chalet Courtin. Jean-Yves pense souvent à ce chalet de pierre et de bois construit de ses mains.

Nommé Externe des Hôpitaux de Paris sur concours en mai 1965, il effectue de nombreux stages hospitaliers à ce titre. En mai 1965 Jean-Yves dit: “Le grand tournant de ma vie s'opère lorsque je rencontre Anne-Marie lors de mon premier stage hospitalier en tant qu'Externe des Hôpitaux de Paris à l'hôpital Bichat à Paris. Mon mariage fut ce que je fis de mieux dans ma vie. Anne-Marie fut la plus précieuse collaboratrice qui je puisse avoir.”

Jean-Yves et Anne-Marie se marient le 20 décembre 1966. Ils resteront époux fidèles et dévoués pendant 48 ans.

“Je réfléchis que sous l'influence de mon épouse Anne-Marie, je suis devenu quelqu'un de meilleur et de plus patient. Je crois qu'il y a une grande complicité entre nous, ainsi que de nombreux goûts communs en particulier la famille et l'attachement à nos enfants, mais aussi dans la vie de tous les jours où il nous arrive de penser en silence aux mêmes choses au même moment !”

Le 2 janvier 1967 Jean-Yves débute son service militaire dans l’armée de l’air à Tours sur la base aérienne BA 705, puis revient à la vie civile en avril 1968 pour la naissance de son fils Arnaud.

Le 30 mai 1969, il soutient sa Thèse pour le Doctorat en Médecine sous le titre: “Essai d'étude des caractères cliniques particuliers à l'ulcère familial gastro-duodénal”

En juin 1969, Jean-Yves s’installe à Moncontour de Bretagne dans les Cotes d’Armor. Jean-Yves dit: “Citadin, ce n'était pas écrit d'avance; cependant je ne me voyais pas exercer en ville. En milieu semi-rurale, l'attente est moins exigeante. Il y a plus de bon sens dans la plainte. La majorité des patients ne sont pas là pour consommer du soin; le rôle du médecin en tant que premier recours est plus affirmé.”

Le 24 octobre 1971 naît Frédéric. Peu de temps après, en avril 1972 Jean-Yves apprend de son cousin René Gourdol des Petits-Robins qu'une opportunité s'ouvrait à La-Voulte-sur-Rhône. Il la saisit et ouvre un cabinet médical rue du Général Voiron. En 1977, il emménage rue des Chênes à La Voulte, où il restera jusqu’en 1989 avant de s’installer au lotissement Les Terrasses, avec un cabinet médical séparé rue Pierre Sémard.

Le 1er Octobre 1997, Jean-Yves cesse son activité professionnelle. Pendant 28 ans il s’est mis au service de sa communauté. Comme le disait Lavoisier: “Le physicien (médecin) peut aussi dans le silence de son laboratoire et de son cabinet, exercer des fonctions patriotiques : il peut espérer par ses travaux de diminuer la masse des maux qui affligent l'espèce humaine, d'augmenter ses jouissances et son bonheur ; et n'eût-il contribué, par les routes nouvelles qu'il s'est ouvertes, qu'à prolonger de quelques années, de quelques jours même, la vie moyenne des hommes, il pourrait aspirer au titre glorieux de bienfaiteur de l'humanité.”

Né avec une âme sensible, un caractère sincère et franc et un esprit droit et réfléchi, de nature optimiste, ouvert, joyeux, Jean-Yves est aussi timide et affectif. Son affectivité le rend émotif et sensible, au croisement de la philosophie et de la médecine.

Peu de temps après sa retraite il emménagera à Nice où il reste jusqu’en 2002 avant de s’installer à Montpellier, puis en 2012 à Rambouillet.

Jean-Yves aime voyager, découvrir d’autres pays et d’autres cultures. Il apprécie les paysages grandioses de montagne, les bruissements de l'eau d'une rivière ou d'un torrent, le calme et le grand air.

En effet, Jean-Yves et Anne-Marie font de beaux voyages aux Etats-Unis où ils visitent leur fils Arnaud, mais aussi en Egypte, dans les terres sacrées, en Italie, en Grèce, en Turquie, ainsi qu’en France.

Toujours intéressé par ses origines, Jean-Yves profitera de sa retraite pour faire des recherches généalogiques approfondies, visitant de nombreux lieux ancestraux en Ardèche et passant de nombreuses heures dans les archives municipales et départementales à décoder, avec Anne-Marie à ses cotés, les divers registres et documents officiels pour y découvrir ses ancêtres.

Jean-Yves documente ce qu’il y découvre sur l’Ardèche, son pays ancestral, sur medarus.org. Il écrira plus de mille articles sur l’histoire des médecins et sur le pays adoptif de son fils Arnaud, les Etat-Unis.

Un passage de Paul Bourget résonnait particulièrement avec Jean-Yves: “C’est une sensation étrange que de se trouver dans un pays où l'on est pas né, où l'on n'a pas grandi,que l'on a jamais habité, et auquel on tient par les intimes racines de son être, car la lignée dont on est issu a séjourné là pendant des années. L'histoire est d'accord avec la physiologie pour reconnaître dans l'atavisme la force la plus profonde peut-être qui gouverne l'âme humaine. Chez le descendant d'une famille qui s'était enracinée séculairement sur un coin de terre, tous les aspects de cette terre doivent éveiller cette force. Pour lui, se trouver dans ce pays, c'est s'y retrouver. Cette sensation, je l'ai subie, pour ma part, et si vivement, chaque fois que les hasards du voyage m'ont ramené dans cette Ardèche, où de longues générations de mes obscurs aïeux ont vécu, ont travaillé, ont souffert."

Jean-Yves nous a quitté le 19 octobre 2014. Il est retourné au pays de ses racines ancestrales, dont il était si fier et où ceux qui l’ont connu peuvent attester qu’il s’est dévoué en utilisant ses dons pour améliorer le sort de ses compatriotes, tout en aimant profondément sa famille, et toujours complété de sa plus fidèle compagne, Anne-Marie.