Madeleine Gebelin, épouse Brès est née à Bouillargues dans le Gard (France) le 25 novembre 1842. Elle est la fille d’un charron de Bouillargues, elle a été mariée à l'âge de 15 ans.
C'est à l'Hôpital de Nimes que naquit sa vocation médicale. Elle accompagnait son père, appelé fréquemment pour des travaux à l'Hôpital; prise en affection par l'une des religieuses elle suivait, revêtue d'un grand tablier blanc, le service du médecin et donnait aux malades la tisane et le bouillon, tout-à-fait fière lorsqu'on lui confiait le soin de confectionner un cataplasme. Elle avait à cette époque huit ans ! Et déjà elle songeait à consacrer sa vie à la guérison ou au soulagement des malades.
Elle décide de devenir médecin.
En 1866, M. le professeur A. Wurtz, doyen de la Faculté de Médecine, vit arriver dans son laboratoire une jeune femme qui lui tint à peu près ce langage
- Je désire me consacrer à soigner les femmes et les enfants; je viens M. le Doyen, vous prier de vouloir bien me donner une inscription pour obtenir le diplôme de docteur.
Mouvement d'étonnement de l'illustre professeur.
- Etes-vous bachelier?
- Non, M. le doyen, mais je le serai.
- De quel pays êtes-vous?
- Du Midi.
- Je m'en doutais
- Eh bien, jeune femme, votre audacieuse entreprise m'intéresse; travaillez avec courage, et lorsque vous serez bachelier, revenez me voir, je serais heureux de vous donner votre première inscription.
Trois ans après cette entrevue Madeleine Brès revint auprès du Doyen, munie du baccalauréat, et dix ans plus tard elle soutenait sa thèse de doctorat.
Elle doit d'abord obtenir l'accord de son mari pour présenter le baccalauréat ès-sciences, qu'elle obtient en tant que candidate libre.
Son inscription à la Faculté de Médecine de Paris en 1868 intervient au terme d'un combat romanesque (Charrier 1931, p289-290). L'accord de son mari, Adrien Brès, est accordé le 24 octobre 1868 devant le maire du Ve arrondissement de Paris, alors qu'elle est âgée de 26 ans, elle parvient donc à s'inscrire à la Faculté de médecine de Paris grâce à l'intervention de l'impératrice Eugénie et au soutien de Victor Duruy, alors ministre de l'instruction publique. 
Lors de la guerre de 1870, sur la proposition de M. le professeur Pierre Paul Broca, elle remplit pendant les deux sièges de Paris, les fonctions d'interne provisoire à l'Hôpital de la Pitié (les femmes n'étaient pas encore autorisées à se présenter au concours). A son sujet le professeur Broca écrit:
"Madame Brès est entrée dans mon service en qualité d'élève stagiaire en 1869. Au mois de septembre 1870, l'absence de plusieurs internes appelés dans les hôpitaux militaires, nécessitait la nomination d'internes provisoires. Madame Brès sur ma proposition fut désignée comme interne provisoire. En cette qualité, pendant les deux sièges de Paris et jusqu'au mois de juillet 1871, elle a fait son service avec une exactitude que n'a pas interrompu le bombardement de l'hôpital. Son service a toujours été très bien fait et sa tenue irréprochable. Madame Brès s'est toujours fait remarquer par son zèle, son dévouement et son excellente tenue. Elle nous a particulièrement secondés pendant la dernière insurrection. "
Elle est alors mère de trois enfants et déjà veuve. Elle demande alors à concourir à l'externat puis à l'internat, mais le conseil de surveillance de l'AP-HP lui en refuse l'autorisation. Le directeur de l'administration de l'Assistance publique, malgré des pétitions et des manifestations en sa faveur, lui refuse ce droit au motif suivant : "S'il ne s'était agi que de vous personnellement…"
Par la suite, les pétitions qui suivront aboutiront à l'Arrêté préfectoral du 17 janvier 1882 : "Les femmes sont admises à prendre part au concours de l'externat sous la réserve formelle qu'elles ne pourront, en aucun cas, se prévaloir de leur titre d'élèves externes pour concourir à l'internat". Puis l'Arrêté préfectoral du 31 juillet 1885 : "Les élèves externes femmes qui rempliront les conditions déterminées par le règlement sur le service de santé seront admises à prendre part au concours de l'internat. Les internes femmes seront soumises à toutes les règles d'ordre intérieur et de discipline qui concernent les internes hommes".
Cette décision déclenche une très violente campagne de presse et une quasi émeute le jour du concours...
Le 3 juin 1875, elle soutient sa thèse, préparée dans le laboratoire du professeur Wurtz, dont le titre est "De la mamelle et de l'allaitement", elle est reçue avec la mention très bien. L'illustre professeur, encore doyen de la Faculté , tint à l'honneur de la présider, et, pour bien indiquer le travail et le courage de la jeune femme, dans un langage simple et élevé, il rappela à l'auditoire les circonstances dans lesquelles il avait reçu la première visite de Madame Madeleine Brès. Elle y mentionne avoir été déterminé "depuis toujours à s'occuper d'une manière exclusive des maladies des femmes et des enfants" "et à étudier la question de l'alimentation des enfants d'une façon toute particulière". Madeleine Brès devient ainsi la première femme française médecin de la Faculté de médecine de Paris.
C'étaient les femmes et les enfants qui devaient intéresser surtout cette mère de famille. L'Association Philotechnique la chargea bientôt d'un cours d'hygiène ; puis plus tard la Ville de Paris lui confia le soin de faire, aux directrices des écoles maternelles, des conférences sur l'Hygiène de la première enfance, le Ministre de l'Intérieur lui donna la mission d'aller étudier, en Suisse, l'organisation et le fonctionnement des crèches.
Elle exerce alors à Paris, dirige un journal : "Hygiène de la femme et de l'enfant", et publie des ouvrages de puériculture. Docteur en médecine avec quatre enfants elle se dévouera, en tant que précurseur, à la médecine de la femme et de l’enfant pendant 50 ans. En 1880, grâce au généreux concours de quelques femmes reconnaissantes, elle fonde aux Batignolles une crèche modèle.
Avant de finir aveugle, pauvre et oubliée.
Elle meurt à Paris en 1922.