Dès 1560, les sages-femmes sont rattachées au Collège de Chirurgie, qui leur décerne un diplôme après un examen passé devant les maîtres de cette corporation. Les meilleures élèves sont issues de l'Office des accouchées de l'Hôtel-Dieu qui sera le fondement de l'obstétrique moderne.
Au début du XVIIe siècle Louise Bourgeois qui avait été l'élève d'Ambroise Paré, s'était non seulement distinguée auprès de Marie de Médicis et des princesses mais encore écrivait le résultat de ses observations d'accoucheuse, dans un style savoureux, et pour l'intérêt historique encore plus que médical qu'ils présentent, ses livres sont toujours recherchés des bibliographes. Le souvenir de la mort malheureuse de la Duchesse d'Orléans, survenue en mettant au monde celle qui allait être la Grande Mademoiselle, devait pourtant plus tard inciter Louis XIV à appeler auprès de Madame de Montespan et de Madame la Dauphine le chirurgien Clément. Le règne des accoucheurs, jusque là écartés pour des raisons de décence, commence.
Au fur et à mesure que l'esprit scientifique devient plus exigeant, les moyens d'expression, livres Médicaux, les frontispices sont toujours présents mais se font plus sévères que dans la période précédente, y sont représentés des scènes d'assemblée de médecins, des leçons d'anatomie encadrés de personnages majestueux ou des allégories.
A coté des savants de grande renommée Louise Bourgeois, sage et honnête matrone est représentée vêtue d'habits modestes, ceux-là même qu'elle portait peut-être au chevet de la reine Marie de Médicis dont la poitrine opulente, les pierreries, l'air satisfait, s'étalent quelques pages auparavant, telles qu'elles apparaissent dans le livre où Louise Bourgeois a consigné la leçon de ses expériences: "Observations diverses sur la stérilité, perte de fruict, fécondité, accouchements et maladies des femmes et enfants nouveaux naiz" (publié à Paris chez A. Saugrain en 1609 puis chez Melchior Mondière en 1626 et 1642), cette dernière édition en trois parties contient à la suite du livre 2 le "Récit véritable de la naissance de Messeigneurs et Dames les enfants de France" dans laquelle se trouvent de pittoresques anecdotes sur la naissance de Louis XIII et des autres enfants d'Henri IV.
Dans son recueil "Instruction à ma fille", elle consigne de précieux conseils pratiques.
A cette époque les sages-femmes étaient souvent désignées comme experts dans les questions d'avortement, dans les enquêtes sur les virginités douteuses. Elles assistaient les médecins dans la fameuse épreuve du "congrès", où les maris accusés d'impuissance devaient donner la preuve de leurs capacités matrimoniales; cette pratique perdurera jusqu'à la Révolution.
Louise Bourgeois ne connut pas toujours le succès. Après le décès de la Duchesse d'Orléans morte en donnant le jour à la future Grande Mademoiselle, la sage-femme fut attaquée par les médecins dans un mémoire rédigé après autopsie. Elle riposta par "l'Apologie contre le rapport des médecins" parue en 1627.
Puis en 1635 elle fait paraître le "Recueil des secrets de Louise Bourgeois". Enfin du même auteur parut en 1689 "Le chemin frayé infaillible aux accouchements, qui servira de flambeau aux sages-femmes le tout enrichi de diverses figures"
Elle est la première à mettre en place un enseignement méthodique pour les sages-femmes, suivie plus tard par François Mauriceau (1637-1704) qui instaure une formation de plusieurs élèves. Il se fait remarquer en 1668 par son traité "Des maladies des Femmes grosses et accouchées", qui eut sept éditions et fut traduit dans presque toutes les langues. On peut y voir un frontispice de l'auteur entouré de diverses allégories.
En 1671, Côme Viardel publie un traité des accouchements. dans lequel à côté de la sage-femme, l'accoucheur relate les études et observations de son art en les accompagnant de curieuses figures ou le foetus se trouve dans d'étranges situations.
En Angleterre la famille Chamberlen se rend célèbre en inventant et mettant au point le forceps qui enserre la tête du fœtus pour l'extraire lors des accouchements difficiles.