Prosper Menière est né le 18 juin 1799 à Angers, il est le troisième de quatre enfants d'un négociant prospère. En 1816 il entre à l'Université de médecine d'Angers. Excellent étudiant, il gagne le prix annuel des études médicales en 1817, 1818 et en 1819 à l'Hôtel Dieu à Paris. Il fait son externat en 1822, et l'internat en 1823. En 1826, Menière est décoré de la médaille d'or.
Il obtient son doctorat en 1828 et occupe le prestigieux mais peu enviable poste d'assistant clinique du célèbre Baron Dupuytren à l'Hôtel Dieu. Il occupe ce poste exigeant avec prestance et acquit une très grande pratique, surtout pendant le bouleversement politique de 1830, quand des centaines d'émeutiers blessés sont admis dans cet hôpital. En 1832 il est nommé Chef de clinique à la faculté, et en 1835, il est envoyé par le gouvernement dans les départements de l'Aude et de la Haute-Garonne pour y organiser la lutte contre le choléra. Pour ce travail il est fait Chevalier de la Légion d'Honneur.
En 1838 il épouse Mademoiselle Becquerel parente d'Antoine Becquerel le découvreur de la radioactivité. Ménière était aussi un écrivain très prolifique et a écrit dans le Journal Officiel médical, mais aussi sur la botanique (notamment les orchidées), l'archéologie, les poètes romains, entre autres. Il comptait parmi ses amis Victor Hugo et Honoré de Balzac.
Il a donné son nom à la maladie dite "vertige de Menière".
Médecin chef à l'Institut Impérial des Sourds-muets à Paris
C'est en 1838 que Prosper Menière, sur la recommandation de Mathéo José-Bonaventure Orfila, succéda à Itard et devint Médecin chef à l'Institut Impérial des Sourds-muets à Paris et a commencé les études pour lesquelles il est devenu célèbre. Menière s'initia grâce aux traités de Itard et de Kramer. Dix ans plus tard, il publiait une traduction du livre de Kramer accompagnée de nombreux commentaires concernant les "insuffisances "de ce livre, notamment pour les descriptions otoscopiques. Il montrait l'importance de bien examiner la membrane tympanique. Ses publications sur les vertiges, à la fin de sa vie, ont occulté ses autres travaux otologiques pourtant de grande valeur. Prosper Menière apporta beaucoup à l’ensemble de l'otologie en appliquant la rigueur scientifique qu'il avait apprise pour la pathologie des autres organes. D’ailleurs, lors de la deuxième édition du Traité de Itard publié en 1842 sous la direction de l’Académie de médecine, les membres de cette institution chargés de la mise à jour firent de larges emprunts aux travaux de Menière.
Maladie ou syndrôme de Menière
Il a basé ses observations sur les vertiges labyrinthiques périodiques et les a publiées en 1861.
Il s'agit de la description d'un syndrome vertigineux évoluant par paroxysmes, associé à une surdité progressive et à des acouphènes (bourdonnements d'oreilles). Il attribue ces troubles à un problème d'oreille interne (alors que l'hypothèse en vogue était qu'il s'agissait d'une forme d'épilepsie) et les distingue des vertiges d'origine centrale (c'est-à-dire dus à une atteinte du cerveau).
Jean-Martin Charcot officialise en 1874 l'appellation de Maladie de Menière cette triade symptomatique. L'atteinte de l'oreille interne (hydrops labyrinthique) a été démontrée en 1938 par Hallpike, Cains et Yamakawa
Menière est mort à Paris d'une pneumonie grippale le 7 février 1862 à l'âge de 63 ans. Son fils, Émile Ménière, fut aussi oto-rhino-laryngologiste, médecin chef à l'Institut pour les Sourds.
Les maladies de l'oreille interne étaient inconnues jusqu'à Prosper Ménière en 1861. Ses publications n'ont pas toujours été appréciées par les autorités parisiennes, car la surdité n'était pas alors une pathologie "à la mode".
* Il n'y a pas de "é" à Menière , du moins pour Prosper, l'état civil a rajouté le "é" sur l'extrait de naissance de son fils Emile.