L’Ardèche possède un grand nombre de personnages célèbres qui ont marqué l’histoire de ce département et de la France. Qui sont ces hommes et ces femmes qui ont donné leur nom aux rues, places et monuments de nos cités ?

Louis-Eugène-Félix Néel
1904-2000
Physicien français, Prix Nobel de Physique

Louis Néel est né le 22 novembre 1904 à Lyon. Il fut élève en terminale scientifique au lycée de Privas au cours de l'année scolaire 1921-1922. Ce n'était pas une classe surchargée, il n'y avait que deux élèves pour préparer le baccalauréat "mathématiques élémentaires" !

Lors de son année à Privas, Louis Néel emporta un 5ème accessit au concours général en physique et obtint la mention "bien" au bac. Il retourna ensuite en classe préparatoire scientifique au lycée du Parc à Lyon, puis au lycée Saint-Louis à Paris,

La famille louait la villa "La Chaumette", qui est aujourd'hui intégrée au bâtiment où siège le Conseil Général de l'Ardèche. Louis Néel se plaisait beaucoup à Privas comme il le rappelle volontiers dans ses mémoires, et il garde un excellent souvenir du "Collège" installé dans un ancien couvent, le couvent des Recollets près de la prison, bâti sur les ruines du château détruit lors du siège de 1627 par Louis XIII.

A 20 ans il entre à l'Ecole Normale Supérieure d'où il sortit major du concours d'agrégation, mais comme il l'avoue lui-même sans avoir véritablement la vocation d'enseignant, mais avec la volonté de se consacrer à l'industrie et à la recherche. Jeune normalien, il prépare sa thèse de Doctorat à Strasbourg. Dans sa thèse présentée en 1932, il propose une nouvelle compréhension des propriétés magnétiques de certains corps.

En 1931 il se marie à Hélène Hourticq; ils eurent trois enfants.

Louis Néel a Louis Néelcommencé ses travaux de recherche sur le magnétisme entre 1928 et 1939 dans le laboratoire du Professeur Pierre Weiss à Strasbourg.

La reconnaissance de ses compétences conduit la marine française à faire appel à lui pour démagnétiser la flotte en 1939, par la technique de désaimantation des navires de guerre. C'est une tâche qu'il mène en un temps record et qui va, sans nul doute, éviter de nombreuses victimes lors du désastre de juin 1940 et du repli sur l'Angleterre via un "channel" regorgeant de mines magnétiques allemandes.

De 1937 à 1945 il est professeur à la Faculté des Sciences de Strasbourg, avant de devenir professeur de physique expérimentale à l'Université de Grenoble où il enseignera jusqu'en 1976. En 1946, à Grenoble, il devient le premier Directeur du laboratoire de physique du CNRS et du CEA Grenoble. De 1954 jusqu'à 1970 il fut Directeur de l'Institut Polytechnique de Grenoble et de l'Ecole Française de Papeterie. Il servit comme directeur du Centre d'Etudes Nucléaires de Grenoble de 1956 à 1970.

Il a œuvré pour l'implantation à Grenoble de l'Institut Laue-Langevin et de l'ESRF (synchrotron). Il a soutenu le développement à Grenoble des Mathématiques Appliquées (avant l'Informatique), de la Biologie etc… Professeur à l'Université Joseph Fourier, il a été le premier Président de l'Institut National Polytechnique de Grenoble en 1970. Il a toujours eu le souci de développer les relations Université-Industrie et a ainsi contribué au développement économique de la Région.

Il saura ouvrir le domaine de la recherche sur le magnétisme pour l'étendre à d'autres domaines de la physique du solide, des machines électrostatiques aux basses températures, ainsi qu'à d'autres disciplines connexes touchant à la physique du globe puis au nucléaire. Dans les années 50, la diffraction magnétique des neutrons apporte la preuve de la validité de ses théories sur le ferrimagnétisme proposées dans sa thèse.

Son prix Nobel de Physique en 1970, - pour son travail sur les propriétés magnétiques des solides - Louis-Eugène-Félix Néelest la reconnaissance de la communauté scientifique pour son œuvre dont des retombées directes sont aujourd'hui présentes dans l'enregistrement magnétique et le téléphone portable.

Son travail à l'Académie des Sciences dès 1953, son admission à l'Académie Américaine des Arts et des Sciences en 1966, le rôle de conseiller scientifique auprès des dirigeants politiques français ainsi que de l'OTAN, et bien sûr aussi l'actualisation permanente de ses connaissances scientifiques, occupent ensuite son quotidien de "retraité actif ".

Il fut récompensé par un grand nombre de distinctions et d'honneurs français et étrangers tant à titre militaire qu'à titre civil.

Le décès de Louis Néel est survenu le 17 novembre 2000 après une longue vie consacrée à la physique.

sources
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