Juge de paix dans sa ville natale, il se rendit célèbre comme astronome. Il démontra l'influence exercée par la lune sur notre atmosphère et trancha le premier la question de l'aplatissement du globe terrestre aux pôles.
Honoré Flaugergues est né à Viviers le 16 mai 1755.
Cet esprit autodidacte a su aborder avec sérieux les sujets les plus divers, dont les rapports ont été communiqué dans les plus hautes Assemblées de la nation: la Société Royale de Médecine en 1779, ou l'Observatoire de Paris.
Honoré Flaugergues est d'abord Juge de paix dans sa ville natale.
Homme universel, Honoré Flaugergues rédige ses observations sur la santé des ouvriers travaillant dans les fabriques d'étoffes de laine, qui constituent un véritable Mémoire de Médecine du Travail.
"Observations sur l'influence des travaux relatifs à la fabrication des étoffes de laine sur la santé des ouvriers qui y travaillent dans les manufactures de Viviers en Vivarais " ; son manuscrit fût lu à la Société Royale de Médecine, dans sa séance du 10 décembre 1779, par le Docteur Thouret, médecin français, qui deviendra après la Révolution le premier directeur de l'école de Santé de Paris.
Flaugergues décrit tout d'abord les conditions de travail : "Les opérations de lavage dans le torrent sont longues et fatigantes, obligeant les ouvriers à rester longtemps mouillés, ce qui peut leur être préjudiciable, surtout pendant l'hiver...", ou encore : " Le cardage est une opération dangereuse, en raison des blessures fréquentes...", et plus loin : " Les fileuses devant leur rouet de Hollande, à table fort incliné sur le devant, sont obligées à la fois de se tenir droites et d'être toujours en mouvement en avançant et en reculant successivement, ce qui , joint à l'extension forcée d'un de leurs bras et au mouvement continuel de rotation de l'autre, rend ce travail fort pénible "; à propos des tisseurs sur métier, il précise : "ils sont soumis continuellement à l'abaissement alternatif de chaque marche sur le pied, au lancement de la navette et à l'abattage de la trame avec le bras, enfin à la station assise forcée continuelle avec la poitrine appuyée contre l'encouloire"; quand aux pinceteuses qui tendent les draps sur une table : "elles doivent se tenir droite, le corps penché en avant, appuyées contre la poitrine".
L'auteur donne ensuite quelques aperçus sur les effectifs et les horaires de travail: "Dans les salles de Monsieur Auresche, il y a eu quelquefois plus de cinquante fileuses travaillant depuis six heures du matin jusqu'à onze heures et depuis midi jusqu'à sept heures le soir, se nourrissant chez elles, et gagnant six à sept sols par jour. La plupart des ouvriers batteurs ou tisseurs, payés à la pièce, couchent dans la salle du tissage et dans les greniers , se nourrissent fort mal, et travaillent avec excès en prolongeant la veillée, surtout les samedis et veilles de fêtes, leurs habits sont forts sales, tout imbibés d'huile qui perce à travers jusqu'à leur corps qui en est tout enduit."
Dans une autre partie du rapport, Flaugergues revient sur les troubles dont sont atteints les ouvriers :"Chez les batteurs de laine, les jambes et les bras sont les parties les plus fatiguées car ils sont obligés d'être toujours droits et de frapper continuellement; ce qui les affecte le plus est la poussière âcre et corrosive qui sort de la laine... quoi qu'on ait soin de tenir les fenêtres ouvertes...; elle leur cause une toux sèche continuelle et quelquefois des crachements de sang. Ils sont en général fort maigres et d'un caractère triste et mélancolique : ce tempérament est sûrement l'effet de cette espèce de travail ; j'ai vu des jeunes gens frais et enjoués perdre en quelques mois leur embonpoint et leur gaieté... Les cardeurs, assis dans leurs habits pénétrés d'huile qui diminue ou supprime leur transpiration, sont attaqués de maladies d'obstruction, d'après les relevés que j'ai faits : de quinze cardeurs, il en meurt ordinairement neuf de squirrhes au foie, et une partie des autres deviennent hydropiques... Ils sont affectés de hernies... Obligés de travailler l'hiver devant un grand brasier, dans des endroits bien fermés, les asphyxies seraient à craindre, mais les vapeurs humides corrigent celles qui s'exhalent de ce charbon. Leur teint hâve, la lenteur de leurs mouvements, la langueur qu'ils portent peinte sur leur visage annoncent combien ce genre de travail est peu conforme à la nature humaine. Les mouvements pratiqués par les fileuses auraient un caractère emménagogue, tout en leur causant des crampes et des œdèmes des jambes. Les tisserands et les pincetteuses, appuyés sur leur poitrine, souffrent de troubles respiratoires ainsi que d'éblouissements et de troubles oculaires. Les foulonniers, malgré leur rude tâche, se portent bien car ils vivent en plein air à la campagne. Les presseurs, obligés de travailler devant un brasier, la bouche remplie d'une colle dite de Flandre, fabriquée avec des lardons et des peaux d'animaux qu'on fait bouillir dans l'eau, qu'ils dispersent en soufflant sur le drap, opération extrêmement dégoûtante et, quelqu'accoutumé qu'un ouvrier puisse y être, il est bien rare qu'elle n'occasionne pas des nausées ou des envies de vomir..."
L'auteur termine son rapport en revenant sur deux sujets de pathologie professionnelle qui le préoccupe particulièrement : le nombre de cas observés de "squirrhes du foie et d'obstructions" , apparus à Viviers depuis le début de l'ouverture de la manufacture d'étoffes de laine.

Honoré Flaugergues, se rendit célèbre comme astronome amateur.
- Il a laissé de nombreuses notes à La Bibliothèque de l'Observatoire de Paris en particulier sur les comètes ( il s'agit de dons de manuscrits faits en 1883, concernant des observations faites entre 1782 et 1830).
- Il démontra l'influence exercée par la lune sur notre atmosphère.
- Il trancha le premier la question de l'applatissement du globe terrestre aux pôles.
- Il participa aux grandes étapes de l'observation de la planète Mars: Entre 1809 et 1813, il travailla sur l'identification des nuages jaunes (tempêtes de poussières locales). Un cratère porte d'ailleurs son nom sur la planète. "Les taches de la planète Mars," Journal de Physique (Paris) 69 (1809): 126; Baron Franz Xaver von Zach, Correspondenz, vol. 1 (Gotha, 1818), p. 180
Honoré Flaugergues, archéologue, a initié entre 1819 et 1821 les premières campagnes de fouilles archéologiques à Alba-la-Romaine, qui ont commencé effectivement au XIXe siècle.
Honoré Flaugergues est décédé le 20 novembre 1830.
Ne pas confondre Honoré Flaugergues avec Paul Flaugergues qui selon L'Académie des Sciences, dans ses comptes rendus de séances du premier semestre 1839, rend compte d'Observations d'étoiles filantes faites à Toulon le 6 décembre 1838, par M. (P.) Flaugergues, Professeur de mathématiques à l'école d'artillerie Navale .