
Protestant
ou catholique, l'Ardéchois a mené un combat incessant pour
affirmer sa foi.
Autour de cette famille se concrétise le témoignage des Huguenots vivarois du XVIIIème siècle.
Pierre et Marie sont les enfants
d'Etienne Durand, greffier consulaire, celui-ci remplissait à peu près les fonctions de secétaire de mairie, à l'exception de la tenue des registres d'état civil réservée aux prêtres. Il subira 14 ans d'emprisonnement au fort de Brescou
(1729-1743), Pierre et Marie sont les symboles mêmes de la résistance
obstinée du protestantisme ardéchois pendant les persécutions.
Ils sont nés tous les deux dans la maison familiale - une ancienne
maison forte du XVème siècle - à Pranles, hameau de Bouschet,
située sur le plateau des Boutières. 
En prenant leur liberté à l'égard des décrets royaux qui les contraignaient à l'abjuration, par leur résistance non violente, ils ont ouvert les voies de la liberté de conscience, mais dans un contexte d'ordre, "car ils se soumettaient à l'autorité du roi en tout, sauf à ce qui était préjudiciable à la Foi et à l'Eglise". Les documents conservés dans cette maison illustrent le prix que ses habitants ont eu à payer pour rester fidèles à leurs convictions.
Cette ancienne ferme vivaroise en pierre est construite autour d'une cour avec un bâtiment principal et un four à pain. Etienne Durand grava sur le fronton de la cheminée ces mots: "Loué soy Dieu 1696 E.D." On peut y découvrir la cachette dans laquelle on pouvait se dissimuler en cas de danger ainsi que la cache pour une bible de petit format. Classée Monument Historique, la bâtisse est maintenant aménagée en musée à la mémoire du Protestantisme vivarois. Les documents conservés dans cette maison font connaître la foi qui animait ses habitants et l'esprit qui nourrissait leur espérance. Quelques objets de la vie paysanne d'autrefois recréent l'ambiance de cette vieille demeure.
Pierre DURAND
(1700-1732)
Restaurateur et martyr du protestantisme en Ardèche
Né au Bouschet de Pransles le 12 septembre 1700, il fut un disciple d'Antoine Court. Il part en exil en Suisse où il est formé comme pasteur du Désert.
Dès sa vingtième année, Pierre revient en Ardèche pour réorganiser le protestantisme et dorénavant il va consacrer sa vie à restaurer les Eglises Réformées en Vivarais, à la suite d'Antoine Court. Il mène une vie errante de clandestin
Consacré
au cours d'un synode national tenu les 16 et 17 mai 1726 au village de
Craux, près de Saint-Pierreville, il poursuit sans relâche sa
tâche en Ardèche malgrè l'arrestation de son père
Etienne, puis se sa sœur Marie et malgrè la séparation
d'avec son épouse, Anne, réfugiée à Lausanne.
Il exerçait une très grosse influence dans les Boutières.
Malgrè le bien qu'il faisait, le gouvernement avait mis sa tête
à prix.
C'est en quittant le hameau de Gamarre où il a passé la veillée à casser
des noix, et en se dirigeant sur Vernoux (sur l'ancien chemin direct
de Vernoux à Saint-Jean-Chambre), où il doit célébrer
un mariage, qu'il tombe dans un guet-apens.
Le pasteur Pierre Durand
est arrêté le 12 février 1732, au Gué du château
de Vaussèche, - ruisseau de Serouant, - à la suite d'une
dénonciation, pour avoir contrevenu aux ordres du roi interdisant la
religion protestante.
Sa tête avait été
mise à prix pour 4.000 livres.
Conduit à Vernoux,
puis à Tournon, enfin à Montpellier, Pierre Durand fut jugé
et exécuté par pendaison le 22 avril 1732, victime du devoir qui s'imposait à sa conscience.
Marie DURAND
(1715-1776)
Symbole national de la Femme Protestante, prisonnière, pour sa foi,
pendant 38 ans.
La
sœur de Pierre, Marie Durand est la célèbre prisonnière
de la Tour de Constance
à Aigues-Mortes dans le Gard, où elle résista
pendant trente-huit ans (15 août 1730-1768).
En l'absence de tout acte concernant le baptême de l'enfant sur le registre curial de Pranles, nous ignorons donc la date précise de sa naissance, dont l'année peut cependant être fixée à 1715.
Elle est incarcérée à l'âge de 15 ans, parce que son frère était un pasteur protestant. Le gouvernement français ne put saisir le jeune pasteur, mais réussit à arrêter sa sœur et son père.
Marie est restée incarcérée jusqu'à l'âge de 60
ans sans abjurer sa foi malgré les promesses de libération qui lui étaient faites. C'est à elle qu'on attribue le mot
graver sur la margelle du puits de la Tour de Constance, à Aigues-Mortes
(Gard),
"Register" signifie
"résister" en latin, ce mot témoigne de la
foi et de la détermination de Marie Durand.
En 1767, le Prince de Beauveau, gouverneur du Languedoc, révolté par la situation des captives, les libéra contre la volonté de Louis XV. Marie Durand survécut grâce aux subsides de l'Eglise wallone d'Amsterdam.
Au
moment de sa libération, alors qu'elle était dans le dénuement
le plus total, percluse de rhumatismes, l'opinion publique avait tourné
en faveur des Protestants. On voyait alors l'incarcération de ces gens
comme un acte arbitraire, contraire aux idées de liberté d'opinion
qui se répandaient de plus en plus.
Libérée, elle revint finir ses jours dans la maison familiale qui l'a
vu naître au Bouschet de Pranles en Ardèche.
La célèbre
huguenote ardéchoise est le symbole de la "résistance"
protestante aux tentatives menées après la Révocation
de l'Edit de Nantes (1685) afin d'extirper du royaume la "religion prétendue
réformée".
Autour de cette famille se concrétise le témoignage des Huguenots vivarois du XVIIIème siècle.
La maison natale de la famille Durand au Bouschet de Pranles, est un lieu de mémoire où est installé le Musée du Vivarais Protestant. Certains objets de la vie paysanne d'autrefois recréent l'ambiance de la vie quotidienne de cette vieille demeure. Les documents conservés dans cette maison font connaître la foi qui animait ses habitants, de l'engagement spirituel des huguenots, et l'esprit qui nourrissait leur espérance.
Plusieurs pièces rappellent en outre les circonstances qu'ils durent affronter pour rester fidèles à l'Evangile.