L’Ardèche possède un grand nombre de personnages célèbres qui ont marqué l’histoire de ce département et de la France. Qui sont ces hommes et ces femmes qui ont donné leur nom aux rues, places et monuments de nos cités ?

• Pierre DURAND
Pasteur et martyr
1700-1732
• Marie DURAND
Prisonnière de la Tour de Constance
1715-1776

croix huguenote

evangile
Protestant ou catholique, l'Ardéchois a mené un combat incessant pour affirmer sa foi.

Autour de cette famille se concrétise le témoignage des Huguenots vivarois du XVIIIème siècle.

Pierre et Marie sont les enfants d'Etienne Durand, greffier consulaire, celui-ci remplissait à peu près les fonctions de secétaire de mairie, à l'exception de la tenue des registres d'état civil réservée aux prêtres. Il subira 14 ans d'emprisonnement au fort de Brescou (1729-1743), Pierre et Marie sont les symboles mêmes de la résistance obstinée du protestantisme ardéchois pendant les persécutions. Ils sont nés tous les deux dans la maison familiale - une ancienne maison forte du XVème siècle - à Pranles, hameau de Bouschet, située sur le plateau des Boutières. Maison de Pierre et Marie Durand

En prenant leur liberté à l'égard des décrets royaux qui les contraignaient à l'abjuration, par leur résistance non violente, ils ont ouvert les voies de la liberté de conscience, mais dans un contexte d'ordre, "car ils se soumettaient à l'autorité du roi en tout, sauf à ce qui était préjudiciable à la Foi et à l'Eglise". Les documents conservés dans cette maison illustrent le prix que ses habitants ont eu à payer pour rester fidèles à leurs convictions.

Cette ancienne ferme vivaroise en pierre est construite autour d'une cour avec un bâtiment principal et un four à pain. Etienne Durand grava sur le fronton de la cheminée ces mots: "Loué soy Dieu 1696 E.D." On peut y découvrir la cachette dans laquelle on pouvait se dissimuler en cas de danger ainsi que la cache pour une bible de petit format. Classée Monument Historique, la bâtisse est maintenant aménagée en musée à la mémoire du Protestantisme vivarois. Les documents conservés dans cette maison font connaître la foi qui animait ses habitants et l'esprit qui nourrissait leur espérance. Quelques objets de la vie paysanne d'autrefois recréent l'ambiance de cette vieille demeure.

Pierre DURAND (1700-1732)
Restaurateur et martyr du protestantisme en Ardèche

Né au Bouschet de Pransles le 12 septembre 1700, il fut un disciple d'Antoine Court. Il part en exil en Suisse où il est formé comme pasteur du Désert.

Dès sa vingtième année, Pierre revient en Ardèche pour réorganiser le protestantisme et dorénavant il va consacrer sa vie à restaurer les Eglises Réformées en Vivarais, à la suite d'Antoine Court. Il mène une vie errante de clandestin

Consacré au cours d'un synode national tenu les 16 et 17 mai 1726 au village de Craux, près de Saint-Pierreville, il poursuit sans relâche sa tâche en Ardèche malgrè l'arrestation de son père Etienne, puis se sa sœur Marie et malgrè la séparation d'avec son épouse, Anne, réfugiée à Lausanne.
Il exerçait une très grosse influence dans les Boutières. Malgrè le bien qu'il faisait, le gouvernement avait mis sa tête à prix.
C'est en quittant le hameau de Gamarre où il a passé la veillée à casser des noix, et en se dirigeant sur Vernoux (sur l'ancien chemin direct de Vernoux à Saint-Jean-Chambre), où il doit célébrer un mariage, qu'il tombe dans un guet-apens.
Le pasteur Pierre Durand est arrêté le 12 février 1732, au Gué du château de Vaussèche, - ruisseau de Serouant, - à la suite d'une dénonciation, pour avoir contrevenu aux ordres du roi interdisant la religion protestante.
Sa tête avait été mise à prix pour 4.000 livres.
Conduit à Vernoux, puis à Tournon, enfin à Montpellier, Pierre Durand fut jugé et exécuté par pendaison le 22 avril 1732, victime du devoir qui s'imposait à sa conscience.

Marie DURAND (1715-1776)
Symbole national de la Femme Protestante, prisonnière, pour sa foi, pendant 38 ans.

La sœur de Pierre, Marie Durand est la célèbre prisonnière de la Tour de ConstanceTour de Constance (Aigues-Mortes) à Aigues-Mortes dans le Gard, où elle résista pendant trente-huit ans (15 août 1730-1768).

En l'absence de tout acte concernant le baptême de l'enfant sur le registre curial de Pranles, nous ignorons donc la date précise de sa naissance, dont l'année peut cependant être fixée à 1715.

Elle est incarcérée à l'âge de 15 ans, parce que son frère était un pasteur protestant. Le gouvernement français ne put saisir le jeune pasteur, mais réussit à arrêter sa sœur et son père.

Marie est restée incarcérée jusqu'à l'âge de 60 ans sans abjurer sa foi malgré les promesses de libération qui lui étaient faites. C'est à elle qu'on attribue le mot graver sur la margelle du puits de la Tour de Constance, à Aigues-Mortes (Gard), Tuile Marie Durand"Register" signifie "résister" en latin, ce mot témoigne de la foi et de la détermination de Marie Durand.

En 1767, le Prince de Beauveau, gouverneur du Languedoc, révolté par la situation des captives, les libéra contre la volonté de Louis XV. Marie Durand survécut grâce aux subsides de l'Eglise wallone d'Amsterdam. Marie DurandAu moment de sa libération, alors qu'elle était dans le dénuement le plus total, percluse de rhumatismes, l'opinion publique avait tourné en faveur des Protestants. On voyait alors l'incarcération de ces gens comme un acte arbitraire, contraire aux idées de liberté d'opinion qui se répandaient de plus en plus.
Libérée, elle revint finir ses jours dans la maison familiale qui l'a vu naître au Bouschet de Pranles en Ardèche.
La célèbre huguenote ardéchoise est le symbole de la "résistance" protestante aux tentatives menées après la Révocation de l'Edit de Nantes (1685) afin d'extirper du royaume la "religion prétendue réformée".

Autour de cette famille se concrétise le témoignage des Huguenots vivarois du XVIIIème siècle.

La maison natale de la famille Durand au Bouschet de Pranles, est un lieu de mémoire où est installé le Musée du Vivarais Protestant.   Certains objets de la vie paysanne d'autrefois recréent l'ambiance de la vie quotidienne de cette vieille demeure. Les documents conservés dans cette maison font connaître la foi qui animait ses habitants, de l'engagement spirituel des huguenots, et l'esprit qui nourrissait leur espérance.

Plusieurs pièces rappellent en outre les circonstances qu'ils durent affronter pour rester fidèles à l'Evangile.

 

Sources:

- Marie Durand Prisonnière à la Tour de Constance (1715-1768), d'après l'ouvrage de Daniel Benoit, revu et corrigé par André Fabre. Nouvelle Société d'éditions de Toulouse Dieulefit (Drôme) 1938.

- Pierre Durand, restaurateur du protestantisme en Vivarais. Lettres et écrits, par Étienne GAMONNET, Esparon: E & C, 1999. 23 cm. 287 p.

- Musée du protestantisme ( Maison de Pierre et Marie Durand), Le Bouschet 07000 Pranles.

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