L’Ardèche possède un grand nombre de personnages célèbres qui ont marqué l’histoire de ce département ou de la France, tels que Olivier de Serres, les frères de Montgolfier, Boissy d'Anglas, Seguin... Qui sont ces hommes qui ont donné leur nom aux rues, places et monuments de nos cités ? Quel est leur parcours ?

François, Joachim, de Pierre de BERNIS
1715-1794
Ecclésiastique et diplomate

"Je préfère le paradis pour son climat mais l'enfer pour ses fréquentations." Cardinal de Bernis

Né à Saint-Marcel-d'Ardèche, le 22 mai 1715, dans une famille noble et désargenté du Vivarais François Joachim de Pierre de Bernis se rend à Paris à l'âge de 14 ans, au collège Louis-le-Grand, faute de fortune personnelle pour faire une carrière militaire, il s'engage dans la carrière ecclésiastique et rentre à 16 ans au séminaire Saint-Sulpice.Ce cadet de famille vivarois fait brillamment son chemin.Cardinal de Bernis

Ses talents littéraires de conteur et de poète lui valent d'etre remarqué par Madame de Pompadour qui devient sa protectrice et le reçoit dans son château d'Étioles. Il est élu à l'Académie Française le 26 novembre 1744, en remplacement de l'abbé Nicolas Gédoyn, à l'âge de 29 ans, et reçu par Crébillon le 29 décembre 1744. "Dans les années qui suivirent sa réception, Bernis figura plusieurs fois à la tete de la Compagnie dans les occasions solennelles où il fallait représenter à Versailles. L'Académie le choisissait comme un sujet et un visage agréables au Roi". (Sainte-Beuve)

Il fut l'ami de Mme de Tencin, de Voltaire et de Duclos qu'il reçut.

Il écrivit des poésies légères; Voltaire, par allusion à son style fleuri l'avait surnommé "Babet la bouquetière".

Madame de Pompadour devenue la maîtresse du roi, le fait nommer ambassadeur, d'abord à Venise de 1752 à 1755, où avec Casanova le cardinal de Bernis partageait une complicité qui leur assurait un franc succès dans la cité des Doges; puis à Madrid. Le prélat ne se privait de rien, il avait, comme son compère, les talents de l'esprit et de la séduction pour se tailler un royaume à sa mesure, celui du bon plaisir. Religieux par nécessité, jeune abbé sans le sou mais d'une ambition rare que son intelligence sut assouvir, Bernis était un de ces hommes de Dieu dont Dieu n'était pas la préoccupation première.

Il participe aux négociations qui contribuent au rapprochement franco-autrichien par le traité de Versailles (1er mai 1756) qui engage la France dans la guerre de Sept Ans. Un choix malheureux qui ruina le royaume et fit presque rire l'Europe.

De Bernis rentre au Conseil du roi en avril 1757, comme Ministre d'État, puis comme Ministre des Affaires Étrangères. Après les victoires de Frédéric II à Rossbach (15 novembre 1757) et à Leuthen, il est disgracié pour avoir conseillé la paix. Il démissionne et est remplacé sur sa proposition par Choiseul.

Il n'entra réellement dans les ordres qu'en 1756, à l'âge de 40 ans; promu cardinal en 1758, puis archeveque d'Albi plus tard en 1764, il est envoyé par Louis XV en 1769 à Rome, d'abord au conclave où sa mission est de contribuer à l'élection du candidat de la France Ganganelli (le futur Clément XIV), dans le dessein, d'obtenir la suppression de l'ordre des Jésuites par Clément XIV en 1773; puis comme ambassadeur, jusqu'en 1791 (sous Pie VI).

Lorsque la Révolution éclate, il est toujours ambassadeur à Rome où il pousse le nouveau pape Pie VI à condamner la constitution civile du clergé. Il refuse de preter serment et se voit réduit à accepter une pension de la Cour d'Espagne.

Privé de son archeveché et de ses abbayes, dépouillé de ses biens et pensions par la Révolution, il meurt à Rome le 2 novembre 1794.

sources
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